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Bolsonaro harangue ses partisans bravant les normes sanitaires

Le chef de l'État brésilien Jair Bolsonaro a salué dimanche des centaines de ses partisans massés devant le siège de la présidence, défiant la distanciation sociale imposée pour lutter contre le coronavirus, qui a tué plus de 16 000 personnes dans le pays. 

«C'est très gratifiant de recevoir une manifestation de soutien (...), ça nous renforce», a dit le dirigeant d'extrême droite après s'être approché de ses partisans regroupés derrière une barrière métallique, à Brasilia. 

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L'épisode a été diffusé sur les réseaux sociaux par les comptes du président, qui portait un masque et était accompagné de plusieurs ministres. 

AFP

Il n'a pas commenté la démission du ministre de la Santé Nelson Teich, intervenue vendredi moins d'un mois après sa nomination, en raison d'«incompatibilités» avec le chef de l'État, comme l'a dit une source du ministère à l'AFP. Le général Eduardo Pazuello assure désormais l'intérim à ce poste. 

Jair Bolsonaro a continué ce week-end à critiquer les mesures de confinement et à prôner l'usage d'hydroxychloroquine, sans un mot sur les victimes de l'épidémie au Brésil. 

Des partisans du président ont également manifesté ce dimanche dans les rues de Sao Paulo et Rio de Janeiro, les deux villes les plus peuplées du pays. 

AFP

Le Brésil est le quatrième pays du monde en termes de personnes infectées (241 080), et compte officiellement 16 118 morts, des chiffres que les scientifiques jugent largement sous-estimés par rapport à la réalité. 

Plusieurs gouverneurs et maires ont alerté sur un système de santé publique au bord de l'asphyxie. Ils défendent les mesures de confinement auxquelles M. Bolsonaro est confronté. La Cour suprême a affirmé le mois dernier que les autorités locales avaient la haute main pour décider des mesures de lutte contre l'épidémie. 

AFP

Lors des manifestations en faveur de M. Bolsonaro, parfois en sa présence, certains de ses partisans ont réclamé une reprise en main militaire et la fermeture du parlement. 

Dans ce climat de tension politique, six ex-ministres brésiliens de la Défense ont exhorté les Forces armées à condamner ces appels à l'intervention militaire. «Tout appel et toute sollicitation aux institutions armées en vue d'une rupture de la légalité démocratique - venant de groupes désorientés - méritent la condamnation la plus véhémente», est-il écrit dans un texte signé par des ministres des présidents Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), Dilma Rousseff (2011-2016) et Michel Temer (2016-2018).

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