/news/coronavirus

Paramédics dans les CHSLD: de l’aide qui a dû attendre

Photo AGENCE QMI, ÉTIENNE PARÉ

Si leur travail est aujourd’hui très apprécié, un groupe de paramédics retraités a dû remuer ciel et terre avant de pouvoir enfin venir donner un coup de main au réseau de la santé. 

• À lire aussi: Cinq décès et un nouveau foyer d’éclosion à Québec

Tout commence au début de la pandémie, quand Mario Cotton a renoué via Facebook avec une vingtaine de ses «chums» pour aller prêter main-forte à Urgences-Santé. 

Même s’il se déplace avec une canne, et qu’il n’a pas mis les pieds dans une ambulance depuis 30 ans, l’ancien syndicaliste ne pouvait rester les bras croisés. 

«À Montréal, il y avait déjà une pénurie de paramédics. C’est pour ça que les pompiers sont souvent appelés comme premier répondant. Mais là, on venait d’annoncer la réduction du nombre de pompiers. Oui, il y a moins d’appels qu’avant, mais les appels pour la COVID sont plus longs, comme il faut tout désinfecter», a expliqué M. Cotton, qui n’aura jamais de retour de la part d’Urgences-Santé. 

Perdus dans la bureaucratie 

Débute alors la crise dans les CHSLD. Le premier ministre François Legault lance un appel à l’aide. Mario Cotton et ses amis répondent présents. 

Ils appellent directement les CHSLD les plus touchés pour offrir leurs services. Ils s’inscrivent directement à la plateforme «Je contribue». 

«Quand on disait qu’on voulait aider, on nous disait que c’était exactement des gens comme nous qu’on cherchait. Mais il y en a juste un parmi nous qui s’est fait rappeler pour une entrevue téléphonique et on ne l’a jamais rappelé ensuite. Pendant ce temps-là, je voyais le premier ministre à la télé qui se démenait pour trouver du renfort», a décrié Mario Cotton. 

Il ne pouvait concevoir que des gestionnaires crachaient sur des gens aussi compétents. 

«Il y a encore une grande méconnaissance du travail des paramédics. Les gens nous voient encore comme seulement des ambulanciers. Ils ne savent pas qu’on peut brancher un soluté, prendre les signes vitaux... On est même capable de donner un diagnostic avant qu’un patient arrive à l’hôpital», a illustré l'ancien président du Syndicat des techniciens ambulanciers du Québec. 

Bardé de contacts politiques, Mario Cotton a décidé de s’en servir, après s’être tourné les pouces pendant un mois en attendant l’appel d’un CHSLD. Quelques jours plus tard, le CIUSSS du Centre-Ouest de l’île de Montréal lui téléphonait. 

Aide précieuse 

Depuis trois semaines, Mario Cotton et son groupe de volontaires sont sur le terrain, répartis entre les différents établissements du CIUSSS, souvent en plein cœur des zones chaudes. 

«On fait de tout! On change les couches, on lave les résidents, mais on peut aussi faire des soins, ce qu’un préposé n’est habilité à faire. L’autre jour, cinq infirmières essayaient de lever un résident pour le mettre sur le lit. Moi, j’ai essayé seul, et ça m’a pris deux minutes. On est formés pour ça, nous, et ça ne se perd pas», a raconté celui qui œuvre au CHSLD juif Donald Berman, dans le quartier Côte-des-Neiges. 

Même si ce n’est pas toujours facile, Mario Cotton et sa bande de paramédics ne comptent pas leurs heures. Une vingtaine au départ, ils sont aujourd’hui 125 à faire partie du groupe: des retraités, mais aussi des paramédics qui participent à l’effort de guerre en CHSLD en plus de faire leurs heures régulières sur la route. 

Et face aux besoins énormes, Mario Cotton travaille activement pour en recruter des nouveaux. 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.