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Unis pour la réouverture des lieux de culte

TVA Nouvelles

Peu ont échappé aux mesures de confinement imposées par Québec, pas même les lieux de culte qui sont fermés depuis plusieurs semaines. 

Mais plus la situation perdure, plus la pression est grande sur le gouvernement pour leur réouverture.

C’est pourquoi quatre représentants des communautés religieuses s’unissent pour que ces lieux puissent rouvrir.

Pour l’archevêque de l’Église catholique de Québec Gérald C. Lacroix, il ne fait aucun doute que les lieux de culte sont un service essentiel.

«Bien sûr pour la partie spirituelle, mais il y a un côté très social à nos rassemblements, peu importe la communauté de foi. Rassembler des gens, les accompagner, les accueillir, ça fait partie de la vie», dit-il.

Selon Mgr Lacroix, tout comme les entreprises et commerces qui ouvrent peu à peu, il assure qu’il serait capable de «prendre les mesures nécessaires» pour respecter la distanciation sociale.

Si eux ils espèrent rouvrir, l’impatience se fait aussi sentir chez les fidèles, remarque Bruce Myers, évêque anglican de Québec.

«C'est sûr que les gens veulent retourner à leur bâtisse, à leur lieu de culte. Alors, c'est sûr qu'on va suivre toutes les règles, toutes les directives de la Santé publique», raconte-t-il.

Une réouverture des lieux de culte serait bénéfique pour le moral de la communauté musulmane, croit Mohamed Labidi du Centre culturel islamique de Québec.

«Vous savez, quand on a fermé, il y a des gens qui pleuraient. C'est sûr que les gens ont hâte que ça ouvre, vraiment», lance-t-il.

Les quatre représentants ont d’ailleurs envoyé au gouvernement un protocole conjoint pour une réouverture sécuritaire.

Tous se disent prêts à respecter les mesures d'hygiène et à diminuer le nombre de personnes à l'intérieur des établissements, s’il le faut.

«Absolument. On n'a pas le choix. La santé, c'est ce qui est le plus important quand même. Par contre, les gens ont hâte de retrouver leurs repères spirituels», précise David Weiser, porte-parole de la communauté juive de Québec.

Malgré tout, M. Weiser indique qu’il ne sera pas en mesure de faire respecter les règles dans leur lieu de culte.

«Nous, la communauté juive de Québec est très petite. Donc, on va attendre à l'automne pour voir comment ça se passe», laisse-t-il entendre.

«On essaie d'être de bons partenaires, de collaborer. Il y a une dizaine de jours, les leaders religieux, on s'est rassemblés à travers le Québec pour envoyer une lettre au premier ministre pour qu'on puisse entrer dans un dialogue», ajoute l’archevêque Lacroix. 

Dix jours plus tard, ce dernier mentionne qu’aucune réponse ne leur est parvenue de la part de François Legault. Il espère tout même qu’il y aura un bon dialogue.

Peu importe, les leaders religieux sont prêts à faire plus de célébrations à capacité réduite si cela leur permet d’ouvrir.

«Je pense qu'une des belles choses qui est sortie de cette crise, c'est que peut-être que ça prenait une pandémie, pour rassembler les grandes religions du Québec autour d'une même table, pour trouver une voix commune, un sens commun sur quelque chose d'important», affirme l’évêque anglican Myers.

Reste à voir maintenant si leur cri du cœur sera entendu par le gouvernement.