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100 000 employés de croisières toujours coincés en mer

Au moins 100 000 employés de navires de croisière sont toujours bloqués en mer plus de deux mois après que le coronavirus a paralysé l'industrie. Selon un rapport publié dimanche, plusieurs de ces travailleurs n’ont même pas été payés, rapporte le Miami Herald.  

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L’industrie des croisières, tout comme celle des voyages de façon générale, a cessé ses opérations à la fin du mois de mars. En avril, la plupart des passagers de navires de croisières avaient réussi à regagner la terre ferme, et à finalement rentrer chez eux.  

Pourtant, 100 000 membres d’équipage eux sont coincés en mer sur des navires sans destination. La plupart attendent l’autorisation de retourner dans leur pays d’origine. 

Beaucoup ne sont pas payés parce qu'ils ne travaillent plus officiellement et que les législations de travail du pays d’origine ne s’appliquent pas aux entreprises et aux navires immatriculés à l'étranger.  

La plupart des employés n'ont aucune idée du moment où ils seront finalement autorisés par les gouvernements à accoster puis à rentrer chez eux.  

Par ailleurs, 578 membres d'équipage de divers navires ont été infectés par le COVID-19 en mer, et sept employés en sont décédés. 

Le moral de ces personnes coincées sur des navires est également fortement affecté par la crise : au moins deux membres d’équipage de navires différents ont sauté par-dessus bord dans des suicides apparents. D'autres ont entamé une grève de la faim. 

La plupart des compagnies de croisière expliquent que les règles et réglementations gouvernementales les empêchent de s'amarrer et de faire débarquer le personnel.  

«Notre objectif était de rapatrier nos membres d'équipage le plus rapidement possible, mais cela s'est avéré beaucoup plus difficile ces dernières semaines en raison des fermetures de ports, des fermetures de pays et des restrictions de voyage dans le monde», a déclaré le porte-parole de Carnival Corp. Roger Frizzell au Miami Herald.  

Même son de cloche pour les croisières de Disney où on explique qu’on tente par tous les moyens de faire débarquer le personnel.  

Pour des experts de l’industrie du voyage, il est inexcusable que des employés aient été laissés aussi longtemps presque à l’abandon.  

Les compagnies de croisière «doivent montrer qu'elles vont avoir la capacité, dans une situation d'urgence, d'amener les gens hors du navire et de leur permettre de rentrer chez eux, a déclaré Rockford Weitz, directeur du programme d'études maritimes de la Fletcher School de l'Université Tufts. 

«Ils doivent être en mesure de convaincre leurs clients qu'ils peuvent trouver des solutions et travailler de manière constructive avec les autorités de santé publique. Le moment des excuses à ce stade de mai... il n'y a aucune excuse», a-t-il déclaré.

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