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Peu de contamination dans les épiceries

Dominique Scali | Journal de Montréal

La bannière IGA fait partie de celles qui diffusent chaque jour le nombre d’employés qui ont été déclarés positifs à la COVID-19.

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

La bannière IGA fait partie de celles qui diffusent chaque jour le nombre d’employés qui ont été déclarés positifs à la COVID-19.

Peu de travailleurs dans les épiceries et autres commerces ont été contaminés par la COVID-19 à ce jour, ce qui laisse croire que les mesures de distanciation sociale et de désinfection fonctionnent. 

«On touche du bois parce que pour l’instant, ça va relativement bien», avoue Roxane Larouche, porte-parole des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC). 

Moins de 200 caissiers et commis ont été infectés au coronavirus depuis le début de la crise, du moins parmi les quelque 35 000 syndiqués qui travaillent en épicerie et qu’elle représente.   

«Et on n’a pas eu de cas aux soins intensifs.» 

Le Journal a d’ailleurs compilé le nombre de cas rapportés par les bannières IGA, Métro, Super C, Adonis, 5 saisons et Première Moisson, qui publient chaque jour leurs données sur le web. 

À ce jour, 130 de leurs employés en succursale ont été déclarés positifs, répartis dans 70 commerces un peu partout dans la province. 

L’île de Montréal arrive en tête avec 54 cas d’employés et 1 client infectés pour ces bannières, suivi de la Montérégie avec 18 cas. 

Étonnamment, c’est la Gaspésie qui arrive en troisième place avec 16 cas en raison d’éclosions à Paspebiac et New-Richmond. 

Aucun décès 

«C’est la démonstration que la distanciation sociale fonctionne», constate Jean-François Belleau du Conseil canadien du commerce de détail. 

Difficile d’avoir un portrait global pour tous les commerces du Québec, mais une donnée est particulièrement réjouissante : aucun décès ne lui a été rapporté parmi ses troupes. 

Pendant ce temps, les cas de travailleurs de la santé durement affaiblis par le virus se multiplient. Une préposée aux bénéficiaires de 31 ans en est même décédée à la fin avril. 

Ghostbusters 

«Pour donner des soins de santé, on n’a pas le choix d’être en contact [proche]», explique M. Belleau. Alors que les commerces ont prouvé qu’il était possible de magasiner sans contaminer les travailleurs, ajoute-t-il. 

De plus, les épiceries ont l’avantage de fermer leurs portes la nuit. Quand un cas est rapporté, une agence d’assainissement peut donc entrer et tout désinfecter. Ces équipes vêtues en «Ghostbusters» permettent ainsi de «repartir le compteur à zéro», chose qui est impossible dans le milieu de la santé, illustre Mme Larouche. 

En général, les clients respectent les consignes, ajoute-t-elle. Reste que les travailleurs voient régulièrement des consommateurs qui s’impatientent ou qui laissent traîner leur masque usé dans le fond du panier une fois qu’ils ont complété leurs emplettes. 

«Il n’y a pas une région qui puisse se vanter de n’avoir que des clients [parfaits]», résume-t-elle.