/news/coronavirus

Des Mohawks de Kanesatake bloquent l’accès au parc national d’Oka

TVA Nouvelles

Alors que les parcs de la Sépaq ouvrent aujourd’hui, des Mohawks de Kanesatake bloquent l’accès au parc national d’Oka.       

Ceux-ci ont placé des voitures en biais, à l’entrée, et demandent poliment aux visiteurs de ne pas accéder au site.     

• À lire aussi: Les contrôles routiers sont là pour rester à Oka, selon le grand chef Simon  

• À lire aussi: Les Mohawks bloqueront l'accès à Oka  

La tension est palpable à l’entrée du parc où se trouvaient, mercredi midi, le maire d’Oka, Pascal Quevillon, et le grand chef de Kanesatake, Serge Otsi Simon.     

«C’est un peu ironique là. Ça dure depuis plusieurs semaines. Il y a cinq contrôles routiers dans le noyau villageois à travers la municipalité et là, ce matin, un sixième à l’entrée du parc», déplore M. Quevillon.     

 

 

«Tous les parcs nationaux ont rouvert ce matin. Donc, avoir un contrôle ici, ce matin, pour empêcher les gens d’entrer, de venir se divertir, de venir marcher, de venir faire du vélo pour se changer les idées comme la santé publique l’exige, c’est vraiment la goutte qui fait déborder le vase», ajoute-t-il.     

Ce dernier demande au premier ministre Francois Legault et à la Sûreté du Québec d’intervenir. Par contre, la maire Quevillon a mentionné à TVA Nouvelles, plus tôt dans la journée, que la SQ lui avait indiqué qu’elle n’interviendrait pas puisqu’il s’agirait, selon elle, d’un dossier «politique».    

«On les décourage de bloquer l'accès au parc. Mais nous sommes en discussion», a indiqué en point de presse la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault. 

 Ouverture du parc reportée?    

Le grand chef Simon a indiqué, en entrevue à TVA Nouvelles, que la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours, envisageait de «reporter l’ouverture du parc pour quelques semaines jusqu’à ce qu’on puisse accommoder les inquiétudes de notre première nation et de la région».    

Rejointe par courriel, la Sépaq affirme qu’«à l'heure actuelle, le parc national d'Oka demeure ouvert, mais son accès est limité par une manifestation autochtone. La Sépaq est en attente de directives de la santé publique pour la suite des choses», écrit Simon Boivin, responsable des relations avec les médias.     

ANDR� PAQUETTE/AGENCE QMI

«Tous les visiteurs qui se sont procuré un droit d’accès quotidien en ligne pourront être remboursés ou l'utiliser ultérieurement», ajoute-t-il par écrit.     

En point de presse, la vice-première ministre, Geneviève Guilbault a confirmé que des discussions étaient en cours entre les différents ministères concernés, le grand chef Simon et la santé publique.     

Éviter la propagation de la COVID-19    

Questionné sur la raison de bloquer les accès de la municipalité alors que des membres de la communauté Mohawk se déplaçaient entre la municipalité d’Oka et Kanesatake, le grand chef Simon a répondu qu’on ne pouvait pas comparer les deux.     

«C’est complètement différent quand certains membres de notre communauté sortent pour des raisons de nécessité, quand tu en as un peu ici et là, que d’avoir 3000 véhicules qui essaient de passer dans une journée», soutient-il.     

Dans un courriel, la Sépaq a précisé que des distributeurs de produits désinfectants sont installés à l'intérieur des bâtiments administratifs et de services.   

«Tel que prévu, il n'y a pas de distributeurs déployés à l'extérieur. Nous demandons aux personnes qui planifient leur visite de penser à apporter leur produit désinfectant pour leurs besoins personnels.»  

Le grand chef désire éviter la propagation de la COVID-19 au sein de sa communauté, plus à risque en raison de différents facteurs de santé.      

«On regarde la situation de santé des premières nations. On est toujours plus haut en diabète, haute pression, problèmes cardiaques, cancer et on est plus susceptibles à ce virus», avait-il confié à TVA Nouvelles en entrevue le 12 mai dernier.      

Il avait également prévenu que les contrôles routiers étaient là pour rester tant que la pandémie ne s’essoufflerait pas. Les Mohawks de Kanesatake effectuent des contrôles routiers à Oka depuis le mois d’avril.