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De pilote d’avion à livreur de colis

Jonathan Tremblay | Journal de Montréal

pilote-livreur

Photo courtoisie

Résolu à contribuer à l’effort de guerre, un pilote a troqué son avion rempli de passagers pour un camion chargé de colis d’ici à ce que se termine la pandémie. 

« J’ai voulu me rendre utile quand j’ai entendu François Legault demander aux gens qui le pouvaient d’aller aider », raconte Andrea Bellodi, 33 ans, qui travaillait depuis deux ans comme pilote chez Air Transat. La compagnie n’a eu d’autre choix que de le mettre à pied en raison du peu de vols effectués durant la pandémie. 

Sauf qu’après plus d’un mois en confinement, il n’en pouvait plus de rester chez lui à ne rien faire, à Montréal. 

Le nouveau chômeur s’est donc demandé ce qu’un jeune homme dans sa condition physique pouvait accomplir comme boulot.  

Il est alors tombé sur une offre d’embauche de la compagnie de service de livraison à domicile UPS. 

Andrea Bellodi vêtu de sa veste brune de livreur de colis, la semaine dernière.

Photo courtoisie

Andrea Bellodi vêtu de sa veste brune de livreur de colis, la semaine dernière.

Changement draconien 

« Je leur ai dit que ce serait temporaire. Ils ont bien voulu de moi, car il leur manque beaucoup de monde », explique M. Bellodi, qui a neuf ans d’expérience en transport commercial. 

Ainsi, le pilote originaire d’Italie a échangé son appareil de ligne pour le camion brun. 

Il ne s’en plaint pas ; bien au contraire. Même que le trentenaire a déjà développé une complicité avec ses clients. 

« Il y a des personnes âgées chez qui je livre chaque semaine, explique le livreur recrue, après une journée éreintante. Ils sont surpris quand je conte mon histoire. » 

« Les gens sont très gentils et reconnaissants, fait-il ensuite valoir. Ça rend la tâche plus facile. » 

M. Bellodi avoue à la blague que son nouvel uniforme ne lui vaut pas toujours le même traitement de faveur que lorsqu’il arbore sa chemise blanche à épaulettes. 

« Une fois, un gars chez qui on était incapable de monter une grosse boîte m’a sorti toutes les insultes, narre-t-il, en s’esclaffant. Si j’avais eu mon autre uniforme, je ne pense pas qu’il l’aurait fait ! » 

M. Bellodi avait pourtant d’autres cordes à son arc, en hôtellerie et en cuisine. 

« Mais ce n’est pas trop utile en ce moment », admet-il candidement. 

Il n’a même pas posé de questions sur sa rémunération lorsqu’il s’est enrôlé. 

« Je l’ai su le lendemain [le salaire]. Ce n’est pas important en ce moment, dit-il. Ça me fait quelque chose à faire. »