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Des enseignants essaient l'école à distance

TVA Nouvelles

Jeudi après-midi. 

En temps normal, les classes et les couloirs d’une polyvalente devraient fourmiller de jeunes et de professeurs. 

Pandémie oblige, l'enseignement se fait différemment du côté de l’École secondaire Le Sommet, à Québec.

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Les cours se donnent à distance; parfois en direct, d'autre fois en différé. Pour les enseignants, les pratiques sont changées du tout au tout. La technologie est un défi, mais à l'École Le Sommet, tous les élèves ont déjà une tablette. Un atout majeur, ces jours-ci.

« On peut facilement rejoindre tout le monde », s’est réjouie Julie Belisle, enseignante et technopédagogue, jeudi en entrevue avec TVA Nouvelles.

« Déjà, les élèves connaissaient les applications. On fait juste optimiser nos pratiques », a pour sa part constaté Marie-Christine Miller, enseignante de français. Sa collègue homologue Chantal Ferland voit des différences avec l’enseignement traditionnelle mais, « dans l'ensemble, [les jeunes] sont capables de faire des apprentissages. »

Problèmes de motivation?

Bien au fait que les ados s'ennuient de leur réseau social, les enseignants tendent l'oreille et prêtent une attention particulière à ceux qui démontrent des signes de détresse ou de solitude.

« C'est sûr, en tant qu'enseignant, on a des témoignages, avoue Stéphane Valois, enseignant d’art dramatique. C'est émouvant, même, parfois. On est un petit peu un filet. Alors, si le jeune vit des choses à la maison, moi, j'ai les ressources pour pouvoir l'aider. »

« Dans les dernières semaines, on avait des élèves à appeler. Il fallait voir si ça allait bien ou pas à la maison. L'anxiété, les finances... Est-ce qu'ils sont encadrés? Est-ce qu'ils se sentent seuls? Est-ce qu'ils sont en détresse? » se demande l’enseignante de sciences Isabelle Bertrand.

Ennui, solitude, enfermement, besoin d'aller dehors aussi, besoin de se retrouver; ce sont beaucoup de termes péjoratifs entendus par les enseignants de la bouche de leurs élèves. Le moral, en général, demeure bon dans les circonstances, mais on doit redoubler d’imagination pour motiver les élèves à l’approche du beau temps et d’une fin d’année scolaire sans examens officiels.

L’école en ligne se poursuivra-t-elle à l’automne? Québec répond que non, mais le simple fait d’évoquer ce concept aura des conséquences sur le taux de décrochage déjà élevé au Québec, selon un expert renommé en éducation.        

« On est dans un système où l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans. Alors, imaginez le gars de 15 ans, qui est déjà cette année en échec en français ou en anglais ou en mathématiques. Il n’y a rien eu de structuré dans le réseau public, il n’a rien reçu de son école, et là il entend dire que peut-être les écoles ne rouvriront pas. Vous augmentez vos risques de décrochage », expliquait Égide Royer en entrevue avec Mario Dumont sur les ondes de LCN, le 14 mai dernier.

D'après un reportage d'Andrée Martin pour TVA Nouvelles