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Les trampolines, fortement déconseillés par les experts

Roxane Trudel | Journal de Montréal

GEN - Dr PETER GLAVAS ET LA PETITE RAPHAELLE 10 ANS

Photos Martin Alarie et courtoisie

Inquiet de voir les trampolines gagner en popularité pendant le confinement, un chirurgien appelle les parents à la vigilance, en rappelant qu’un accident est vite arrivé, même en prenant toutes les précautions. 

« C’est un module de jeux qui génère beaucoup de blessures », explique le Dr Peter Glavas, chirurgien orthopédiste au CHU Sainte-Justine et à l’Hôpital Shriners. 

Il rappelle que plusieurs instances déconseillent le trampoline à domicile. 

Pendant ses 10 ans de pratique à Sainte-Justine, il explique avoir vu toutes sortes de fractures liées au trampoline, et ce, malgré le bon vouloir des parents et le respect des consignes de sécurité. 

« Il n’y a pas de bons moyens efficaces, garantis à 100 %, pour prévenir les blessures en trampoline », persiste-t-il. 

Le 13 mai, les parents de la petite Raphaëlle, 10 ans, ont installé le trampoline pendant que leurs deux filles se baladaient en vélo. Il ne restait plus qu’à ajouter le filet de sécurité, chose qui devait être faite au courant de la journée.  

Après des semaines de confinement, elles ne tiennent plus en place, confie leur mère. Au retour de sa promenade, enthousiaste de voir le trampoline dans la cour, la jeune fille a fait quelques sauts, malgré les consignes claires de ses parents lui demandant d’attendre que le filet soit posé.  

À l’urgence 

Ça n’aura pris que quelques minutes et une mauvaise chute pour qu’elle soit transportée d’urgence à l’hôpital, le bras gauche cassé en deux.  

« À Sainte-Justine, ils ont essayé de replacer la fracture manuellement, ça n’a pas fonctionné, donc elle a eu besoin d’une opération. Ça a été une petite chute, mais qui a vraiment eu un gros impact », explique Annie, la maman de Raphaëlle.  

Elle espère que l’histoire de sa fille servira à sensibiliser d’autres parents.  

« Il faut insister encore plus avec les 10, 11 ans, croit-elle. À cet âge-là, on ne les surveille plus comme on surveille de jeunes enfants. Ils deviennent autonomes. On ne peut pas les suivre à la trace tout le temps. Et ils ont besoin de bouger ! » 

Une parmi tant d’autres 

Entre 2012 et 2016, plus de 6000 patients ont été traités à l’hôpital pour des blessures en trampoline, selon une étude du système canadien hospitalier d’information et de recherches en préventions des traumatismes. 

« C’est une sous-estimation quant à moi, parce qu’il y a plein de cas qui n’ont pas été rapportés », estime le Dr Glavas.  

Sur près de 90 % des cas, les blessures sont liées à une fracture, ajoute le chirurgien. Parmi eux, 40 % seraient des enfants de moins de 6 ans, en raison de leurs os immatures. 

Outre le filet de sécurité et la supervision parentale, les enfants devraient sauter un à la fois et porter un casque, croit-il. 

« Le trampoline n’achètera pas la paix des parents », conclut Annie, heureuse que sa fille ne soit pas tombée sur la tête.

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