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Québec écarte l’école à distance pour les élèves du secondaire cet automne

Daphnée Dion-Viens et Geneviève Lajoie

Après avoir soulevé un tollé la semaine dernière, Québec écarte définitivement le scénario de l’école à distance pour les ados du secondaire cet automne et envisage plutôt un retour en classe pour tous les élèves, à temps complet ou à temps partiel.   

«Le fait que des jeunes ne puissent pas voir leurs amis, ne puissent pas vivre une vie normale, c’est vraiment pas souhaitable. Compte tenu d’où on est rendu dans la pandémie, je pense qu’on peut, si on respecte les consignes, avoir bon espoir que tous les étudiants vont pouvoir être physiquement à l’école, au cégep, à l’université à la rentrée au mois de septembre, et c’est ce qu’il faut viser», a fait valoir François Legault jeudi, durant la conférence de presse sur l’état de propagation du virus qui se tenait exceptionnellement à Laval.  

Le premier ministre s’est dit très conscient des conséquences néfastes de la fermeture des établissements scolaires sur les jeunes Québécois. M. Legault est d’ailleurs encouragé par la réouverture des écoles primaires à l’extérieure du Grand Montréal, qui s’avère un «vrai succès».  

Deux scénarios  

Québec a présenté jeudi aux acteurs du réseau de l’éducation deux scénarios pour la rentrée scolaire cet automne, détaillés dans un document de travail de neuf pages dont Le Journal a obtenu copie.   

Ces deux scénarios seront bonifiés avant d’être soumis pour approbation à la santé publique, peut-on lire. Dans les deux cas, la fréquentation scolaire est obligatoire, hormis de rares exceptions pour des raisons de santé.   

L’école à distance pour les élèves du secondaire cet automne est complètement écartée. Ce scénario, évoqué la semaine dernière par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, avait suscité une véritable levée de boucliers.   

Le premier scénario, plus ambitieux, prévoit le retour à temps complet pour tous les élèves, dans des groupes établis selon les ratios réguliers, avec un accroissement des mesures de désinfection et l’ajout d’équipement de protection.   

Au secondaire, ce scénario pourrait impliquer des ajustements d’horaire pour limiter la circulation dans les aires communes.   

https://www.tvanouvelles.ca/2020/05/21/voici-les-deux-scenarios-presentes-par-quebec-pour-le-retour-en-classe-a-lautomne-1

À mi-temps   

Il pourrait toutefois être difficile d’obtenir le feu vert de la santé publique pour ce scénario. C’est pourquoi Québec envisage aussi une présence en classe à 50 % pour les élèves du primaire, dans des groupes réduits, une journée sur deux ou en alternant une semaine de deux jours et une semaine de trois jours.   

Les élèves poursuivraient leurs apprentissages à la maison grâce à un plan de travail et l’utilisation de cahiers d’exercices numériques.   

Ce scénario demande toutefois «une grande adaptabilité des familles, vu la fréquentation sporadique de l’école», peut-on lire.   

Au secondaire, en formation professionnelle et à l’éducation aux adultes, les élèves pourraient être en classe un jour sur deux ou même un jour sur trois, selon les exigences de la santé publique, pour limiter les rassemblements et faciliter l'espacement.    

Les apprentissages se poursuivraient à distance les jours où les élèves ne sont pas en classe.   

Peu importe le scénario, Québec propose que les élèves ayant des besoins particuliers puissent fréquenter l’école à temps plein.   

Le réseau scolaire devra aussi prévoir une période de «quelques semaines» consacrées à la préparation en vue du retour en classe pour des élèves ciblés par les écoles.   

L’achat et le prêt d’outils informatiques sont aussi prévus.   

L’opposition soulagée  

Soupir de soulagement des partis d’opposition, qui craignaient que le gouvernement Legault ne revienne avec son idée de rentrée scolaire uniquement à distance en septembre.  

«J’accueille très bien ces scénarios-là, je pense que ça prenait une rentrée en présentiel, au moins en partie», a réagi la députée solidaire Christine Labrie. Selon elle, on devrait d’ailleurs envisager d’appliquer le scénario de reprise des classes à temps partiel dès maintenant dans les écoles secondaires de l’extérieur de la Métropole.  

  

  

La députée péquiste Véronique Hivon est heureuse de voir que son idée d’une présence des élèves à mi-temps ou par journée alternée, d’abord rejetée par le ministre de l’Éducation, a fait son chemin. Elle signale que le scénario de demi-journées d’école doit aussi être envisagé, ce qui faciliterait notamment l’organisation des services de garde scolaire.  

Pour la libérale Marwah Rizqy, si le scénario d’une rentrée scolaire à temps partiel se concrétise en septembre, il ne faut pour autant que les enfants soient à la maison le reste du temps. «Le parent n’aura pas plus de temps et aura probablement moins d’énergie en septembre de faire de la formation à distance», fait-elle valoir.  

La députée de Saint-Laurent suggère que les élèves puissent avoir accès à une salle avec une personne ressource pour les aider durant la période d’enseignement «à distance» pour les motiver. Les étudiants en enseignement devraient ainsi être appelés en renfort et des locaux pourraient être réquisitionnés auprès des municipalités.