/news/society

Camps de vacances fermés: gros nuage noir pour des familles

Anne-Sophie Poiré | Journal de Montréal

Camps de vacances

Courtoisie

La fermeture des camps de vacances pourrait être dramatique pour plusieurs familles du Québec, alors que plusieurs parents jugent cette expérience déterminante dans le développement des enfants.  

• À lire aussi: Situation complexe pour les camps de jours  

• À lire aussi: Des parents bien soulagés d’avoir des camps de jour 

• À lire aussi: Le tiers des camps de vacances risquent de faire faillite sans aide gouvernementale 

 « Plusieurs enfants auront été privés d’école et d’autres activités pendant six mois. Il me semble que ce genre de séjour est d’autant plus critique cette année », laisse tomber Marilyn Richard, une travailleuse de la santé de Montréal, dont les enfants fréquentent les camps de vacances.    

Le gouvernement a annoncé jeudi que l’ouverture des camps de vacances était remise à l’été 2021.   

Lors du point de presse vendredi, le Dr Horacio Arruda a réitéré que les risques de contamination sont plus élevés dans les camps de vacances, puisque les jeunes dorment ensemble.     

« On parle d’un groupe à faible risque isolé dans le bois, supervisé par des adolescents et des jeunes adultes, rétorque Mme Richard. Ces séjours sont nécessaires pour le développement des enfants. »    

Une expérience déterminante  

Éliane pose au camp Edphy, en 2019, avec son certificat de « campeuse de l’été ».

Photo courtoisie

Éliane pose au camp Edphy, en 2019, avec son certificat de « campeuse de l’été ».

Pour Véronik Pilon de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, le camp Edphy, à Val-Morin, dans les Laurentides, est une importante tradition familiale. Son aventure y débutait il y a 35 ans, puis celle de sa fille Éliane, en 2017.    

La mère de quatre enfants a gardé espoir jusqu’à ce que la nouvelle tombe, jeudi.    

« C’est vraiment fort ce qu’on vit au camp. Éliane était vraiment triste et moi aussi, d’ailleurs », affirme-t-elle.    

À 12 ans, Éliane espère déjà devenir animatrice dans quelques années.    

« Si Edphy ne survit pas, c’est un rêve qui s’envole », ajoute Mme Pilon, qui estime que l’expérience de camp de vacances, loin de la famille, a fait sortir sa fille de sa zone de confort et de sa timidité.    

Marie-Ève Labelle, mère de Léo, 12 ans, et d’Édouard, 8 ans, est du même avis. Les deux garçons fréquentent le camp Lac en Cœur, en Mauricie, depuis quelques années.    

« C’est capoté comme ils aiment le camp, lance-t-elle. Léo est très anxieux et la confiance en soi est très difficile. Mais le camp, ça a tout changé. Ça travaille l’estime, la confiance et l’autonomie. »   

Poussés à la faillite   

Plusieurs parents ont des craintes quant à l’avenir des camps de vacances, qui sont dans une situation financière précaire.    

Selon l’Association des camps du Québec (ACQ), le tiers seraient susceptibles de faire faillite s’ils n’ouvrent pas cet été.    

« Si on n’a pas d’aide, je ne sais pas comment on va survire à tout ça », appréhende Martine Dupont, directrice générale du camp Lac en Cœur, qui fêtera ses 75 ans l’an prochain.    

Près de 1350 jeunes y sont déjà inscrits pour l’été 2020. Certaines familles ont offert leur dépôt pour soutenir le camp, mais d’autres demandent des remboursements.    

L’ACQ demande un financement de 22 M$ au gouvernement pour le maintien en vie des camps de vacances, qui doivent déjà rembourser pour 9 M$ d’inscriptions aux familles.