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Bras de fer entre brasseurs et détaillants

Jean-Michel Genois Gagnon | Le Journal de Québec

GEN-COVID-19

Photo Agence QMI, Joêl Lemay

Le ton monte entre les brasseurs et les détaillants. Malgré les nombreuses initiatives pour récupérer les bouteilles de bière, les besoins des grands brasseurs pour soutenir leur production sont encore «loin d’être comblés».  

L’Association des Brasseurs du Québec espérait récupérer environ 1 million de bouteilles brunes par jour avec la signature de l’entente visant à encadrer la reprise des activités de collecte à travers la province. Depuis le 11 mai, ce sont environ 2,2 millions de bouteilles qui ont été ramassées.  

«Jusqu’à présent, chaque événement n’a pas récolté le volume de bouteilles que j’ai de besoin pour produire», déplore au Journal le directeur général de l’association, Patrice Léger Bourgoin.  

Impacts économiques  

«À partir du 1er juin, on va permettre d’ouvrir les studios de tatouage et de perçage [...], mais ramener une caisse de 24 chez un détaillant est encore un problème. Il y a une dichotomie un peu particulière», poursuit-il.  

Ce dernier dit comprendre certaines mesures pour la Communauté métropolitaine de Montréal. Il estime toutefois que la collecte pourrait reprendre normalement dans certaines régions moins touchées par le virus.  

L’arrêt du système de consigne a entraîné «des impacts économiques importants» pour Labatt, Molson et Sleeman.  

Rappelons que plusieurs grandes corvées ont récemment été organisées par des détaillants dans des stationnements de supermarchés. Certains dépanneurs ont également aménagé des installations à l’extérieur de leur commerce pour récupérer les bouteilles ainsi que les canettes.  

Déjà plus de 5 millions  

Selon le Conseil canadien du commerce de détail – Québec (CCCD), ce sont plus de 5 millions de contenants qui ont été jusqu’à présent récupérés.   

«On exécute nos obligations prévues dans l’entente. Il ne faut pas perdre de vue qu’en moyenne, nos détaillants récoltaient environ 3,2 millions de bouteilles par semaine en temps normal. Là, on parle de 7 millions par semaine», répond le directeur des relations gouvernementales du CCCD, Jean-François Belleau.   

«Les brasseurs tentent de nous faire récupérer des bouteilles qu’ils vendaient dans les bars et les restaurants. On ne peut pas livrer plus que ce que nous vendons», poursuit-il.   

Le porte-parole précise que son organisation poursuit ses efforts afin de satisfaire l’industrie brassicole. Le nombre de sites de collecte devrait d’ailleurs grimper au cours des prochains jours.  

«On fait ce qu’il faut pour que cela marche, mais il faut aussi que le consommateur ait le goût de ramener ses contenants», conclut M. Belleau.