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Vaccin: des tests précliniques qui s’avèrent prometteurs

Jérémy Bernier | Journal de Québec

IMV Vaccin COVID-19

Photo courtoisie

Après avoir testé avec succès diverses formules d’un vaccin contre la COVID-19 sur des souris, une entreprise qui œuvre à Québec pourra passer à son tour à des essais sur l’être humain.   

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Au total, ce sont 23 «recettes» différentes du vaccin, appelées peptides, qui ont été développées puis testées dans un modèle animal par la firme IMV, une société d’immuno-oncologie de stade clinique. Celles qui ont donné les résultats les plus prometteurs ont été sélectionnées pour de futurs essais sur l’humain.  

Non traditionnel  

«Quand on développe un vaccin contre un nouveau virus, on plonge dans l’inconnu, on n’a aucune idée si ça va fonctionner. Alors, on est très content d’avoir franchi cette étape très importante. Ça nous permet de confirmer notre plan de développement», laisse entendre le PDG de l’entreprise, Frederic Ors.  

Comme il fonctionne d’une façon comparable à un autre vaccin créé par la firme qui a déjà prouvé son efficacité chez l’homme, les chercheurs sont confiants pour la suite des choses.  

La formule créée par IMV est différente du concept traditionnel de la vaccination qui vise à inoculer une partie d’un virus pour que le corps développe des anticorps qui s’attaqueront à celui-ci, explique M. Ors.  

«Parmi les centaines de millions qui seront créés, il y en a un certain nombre qui s’attacheront au bon endroit pour bloquer le virus. Nous, on enlève cette part de “hasard”. On cible directement trois points de faiblesse du virus», précise-t-il.  

D’ailleurs, les personnes âgées, qui sont le groupe le plus touché par la pandémie, ont une capacité beaucoup plus faible à créer des anticorps. Ce type de vaccin éviterait ce problème.  

Cette technologie permettrait même au vaccin d’être efficace si le SARS-CoV-2 [le virus lié à la COVID-19] mutait, car il faudrait que ce dernier mute à trois endroits simultanément pour survivre. «Biologiquement, c’est quasiment impossible», assure Frederic Ors.   

Prochaine étape : les humains  

Dès le mois de juillet, si Santé Canada lui donne le feu vert, IMV commencera ses essais cliniques sur le genre humain à l’Université McGill et à Halifax, en Nouvelle-Écosse. L’étude comportera une liste de 84 sujets sains de deux tranches d’âge qui recevront deux doses du vaccin DPX-COVID-19.  

Si tout se passe comme prévu, l’entreprise prévoit lancer la production à grande échelle de sa formule dans les six premiers mois de 2021.  

En date d’hier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que 10 organisations sont rendues à l’étape 1 ou 2 des tests cliniques de leur vaccin sur l’homme. Toutefois, aucune entreprise basée au Canada n’est encore parvenue à cette étape.  

Quant à IMV, elle se retrouve parmi les 114 candidats de vaccins dans le monde aux essais précliniques. De ce nombre, une quinzaine proviennent de firmes ou d’universités canadiennes.  

Rappelons que Medicago, une biopharmaceutique québécoise, avait déjà annoncé des résultats de tests encourageants de son vaccin effectués sur des souris la semaine dernière. Tout comme IMV, elle devrait commencer ses tests cliniques cet été.    

L’immunité naturelle serait possible  

Des chercheurs d’un centre hospitalier universitaire de Boston ont montré que les macaques rhésus, une espèce de primates, peuvent résister à l’exposition à la COVID-19 après l’avoir contractée une première fois.  

C’est ce que rapporte le Beth Israel Deaconess Medical Center (BIDMC) de Boston qui a publié deux études dans la revue Science, mercredi. L’une concernant la potentielle efficacité des vaccins contre le SARS-CoV-2, le virus à l’origine de la COVID-19, et l’autre mettant à l’épreuve le concept d’immunité naturelle face au nouveau coronavirus.  

Protégés par un vaccin  

Dès la mi-janvier, le Dr Dan H. Barouch, l’auteur principal des études, et ses collègues ont développé une série de prototypes de vaccins. Ces candidats étaient conçus pour entraîner le système immunitaire de l’organisme à reconnaître et à réagir rapidement lorsqu’exposé au virus.  

Les scientifiques ont alors injecté ces vaccins à 25 macaques rhésus, sur le groupe de 35 singes qui allaient faire partie de l’expérience. Ils ont ensuite constaté que la charge virale était beaucoup moins importante chez les animaux qui avaient été vaccinés que chez les autres.   

D’ailleurs, huit des 25 primates qui ont reçu le vaccin n’ont montré aucune infection au virus, tandis qu’on n’a constaté qu’un faible niveau du virus chez les 17 autres.  

Immunité naturelle  

Par la suite, l’équipe a tenté de répondre à une question que plusieurs se posent actuellement : peut-on être immunisé après avoir été infecté une première fois?  

«Les personnes qui se remettent de nombreuses infections virales développent généralement des anticorps qui les protègent contre la réexposition, mais tous les virus ne génèrent pas cette immunité protectrice naturelle», a précisé le Dr Barouch.  

Les chercheurs ont donc exposé neuf macaques rhésus adultes au SARS-CoV-2 et ont observé leur réponse immunitaire. L’étude rapporte que tous les primates se sont rétablis et qu’ils ont développé des anticorps contre le virus.  

Qui plus est, lors d’une deuxième exposition, 35 jours plus tard, les scientifiques ont constaté que les animaux présentaient une «protection quasi complète».  

«Nos résultats renforcent l’optimisme que le développement de vaccins COVID-19 sera possible, a déclaré celui qui est également professeur de médecine à l’Université Harvard. Mais des recherches supplémentaires seront nécessaires pour répondre aux questions importantes comme la durée de la protection.»  

— Avec l’Agence QMI