/regional/saguenay

COVID: un commis d'épicerie se vide le coeur

Kate Tremblay | TVA Nouvelles

Un commis d'épicerie de Saguenay, épuisé et découragé, a choisi de dénoncer publiquement ses conditions de travail, au risque de perdre son emploi.

«Je suis conscient que c'est un gros risque que je prends mais je le fais pour tous les autres travailleurs», affirme Carl Tremblay, qui demande seulement à être respecté par son employeur, mais aussi par les clients.

Le commis âgé de 50 ans travaille depuis plus de 25 ans dans des marchés d'alimentation de Saguenay et jamais il ne s'est senti aussi anxieux que présentement.

Il milite en faveur d'une fermeture les dimanches.

«Fermez les dimanches s'il vous plaît, demande-t-il. Il faut se prendre un congé mobile ou déclarer malade pour réussir à avoir deux jours de congé de suite. C'est illogique.»

Et à compter du 13 juin prochain, il devra faire une croix sur la prime de deux dollars l'heure à laquelle il a droit depuis le début de la pandémie.

«C'est apprécié, mais ça nous le prendrait à l'année ce deux dollars là de plus, assure M. Tremblay. Travailler dans le public aujourd'hui, ce n'est pas facile. Plusieurs clients ne respectent même pas le deux mètres. Ça prendrait des agents de sécurité pour expliquer le sens des flèches à la clientèle. Et les caissières, elles ont des panneaux pour les protéger, mais il n'est pas rare de voir des clients rentrer en dessous pour parler à la caissière. Les gens ont de moins en moins de respect.»

Carl Tremblay est convaincu que plusieurs travailleurs de l'alimentation vont se reconnaître dans son témoignage et oser dénoncer.

À la Boucherie Lenoir et Leblanc du secteur Arvida, à Saguenay, le cri du coeur des travailleurs a été entendu.

Les propriétaires ont pris la décision vendredi dernier de fermer leur commerce pendant quatre jours, pour permettre à leurs sept employés épuisés de se reposer.

«On se le disait tous qu'on était brûlés», explique le copropriétaire, Joël Leblanc. Ça va nous faire une petite pause santé. On essaie de faire plaisir à nos employés et de penser à leur santé.»

Depuis son ouverture il y a sept ans, la boucherie a toujours été fermée les dimanches et les lundis.

Cette décision d'affaires est très appréciée des employés.