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Meurtre de Daphné Huard-Boudreault: la coroner recommande davantage de formation

Agence QMI

Les policiers devraient être mieux formés en matière de violence conjugale, selon la coroner qui a déposé lundi son rapport sur la mort de la jeune Daphné Huard-Boudreault, tuée par son ex-conjoint à Mont-Saint-Hilaire en 2017.   

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Me Stéphanie Gamache recommande donc à la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent de mettre sur pied des ateliers de formation continue pour les policiers concernant «les comportements qui caractérisent les cycles de la violence conjugale pour mieux en détecter tous les signes avant-coureurs possibles». Ces séances visent aussi à mieux leur faire comprendre le vécu et les émotions des victimes de violence conjugale. 

Par communiqué, la coroner a affirmé lundi que la violence conjugale est «un problème de santé publique complexe et important qui affecte toutes les couches de la société sans faire de distinction entre l'âge des couples impliqués ni même le stade de la relation à la source de cette problématique». 

«Elle engendre des conséquences désastreuses pour les victimes et leurs proches à plusieurs niveaux ainsi que des répercussions néfastes pour la société en général», a précisé Me Gamache. 

Par conséquent, elle demande au gouvernement de mener une campagne de sensibilisation et de promotion des rapports égalitaires dans les relations, et de l’adapter pour mieux rejoindre les élèves du secondaire. 

Elle veut aussi que le ministère de la Sécurité publique vérifie si tous les corps de police du Québec «traitent adéquatement ces dossiers et utilisent tous les outils du Guide de pratique policière (GPP) à leur disposition pour identifier les risques d'agression et d'homicide lors de tout signalement impliquant de la violence conjugale». 

Accueil favorable 

Ces recommandations ont été bien accueillies par le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale 

«Depuis de nombreuses années, nous disons qu'il est souhaitable que la formation continue en matière de violence conjugale soit obligatoire, comme c'est le cas pour les alcootests, le maniement d'armes, etc. Après tout, la violence conjugale constitue 30 % des crimes contre la personne rapportés au Québec», la présidente du Regroupement, Chantal Arseneault. 

Elle souligne que même les victimes n'arrivent souvent pas à anticiper le danger qu’elles courent, et c’est pour cela qu’une formation est essentielle afin que la police puisse le détecter. 

Le meurtre de Daphné Huard-Boudreault par Anthony Pratt-Lops avait causé des remous, parce qu’elle s’était rendue dans un poste de police de Beloeil pour se plaindre de harcèlement quelques heures avant d’être tuée le 22 mars 2017.  

La femme de 18 ans souhaitait aller récupérer ses affaires chez elle, mais sans porter plainte à la police contre lui. Selon un rapport du directeur des poursuites criminelles et pénales publié en mai 2019, la victime s'était entendue avec une policière qui lui a donné rendez-vous au domicile conjugal, après avoir insisté pour l'accompagner. 

Les deux femmes ont quitté séparément le poste de police vers 12 h 30. Quelques minutes plus tard, en arrivant au domicile, la policière constate que la voiture de Daphné est sur place, mais que celle-ci a disparu. En faisant le tour de la propriété à la recherche de l'entrée, la policière est tombée sur Anthony Pratt-Lops, qui est sorti de la demeure, les mains ensanglantées. Il a alors été arrêté. 

L'individu a plaidé coupable de meurtre non prémédité en mai 2019. Il a ainsi été automatiquement condamné à la prison à vie.

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