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«On a une réticence à diminuer nos mesures», dit un médecin en faveur du déconfinement

TVA Nouvelles

Un médecin de Gaspé croit qu’il y aurait lieu de revoir les mesures de confinement mises en place pour contrer le nouveau coronavirus. 

«Au début on a suivi la science. On a fait ce qu’il fallait devant un virus qu’on croyait qu’il allait avoir un taux de mortalité de 3 à 4%. Au fur et à mesure que la science avance et qu’on apprend de nouvelles choses, on dirait qu’on a une réticence à diminuer nos mesures», explique le Dr Mathieu Bernier. 

Il précise que le taux de mortalité a depuis été estimé à environ 0,3%, ce qui représente environ 10 fois moins que ce que prévoyait l’OMS initialement.  

«Les taux de mortalité sont intéressants parce que quand on divise selon les âges, on s’aperçoit que ce n’est pas tout le monde qui est égal devant le virus. Ce n’est pas 0,3% pour tout le monde. C’est une chance sur 100 000 pour les enfants et peut-être 15% pour une personne âgée avec des comorbidités», ajoute l’omnipraticien rattaché à l’hôpital de Gaspé.  

Selon lui, il faudrait revoir les mesures pour cibler les personnes plus à risque plutôt que de les appliquer à l’ensemble de la population. 

«Il n’y a pas juste l’âge. On commence à mieux les connaître : le diabète, l’obésité, l’hypertension, les maladies cardiovasculaires, les cancers et les personnes immunosupprimées», précise-t-il. 

Il croit que le Québec devrait laisser plus de liberté aux individus de choisir les risques qu’ils sont prêts à prendre. 

«On devrait expliquer aux gens quels sont les facteurs de risques pour que chaque personne soit capable de prendre une décision en fonction de sa propre santé», dit-il. 

«Quand on explique aux gens où est le danger, on peut voir qu’une grande partie de la population va modifier ses comportements», poursuit le Dr Bernier. 

Le médecin croit que le port du masque joue un rôle dans le déconfinement si on l’ajoute à d’autres mesures. 

«Protéger agressivement les centres de personnes âgées en testant régulièrement le personnel, même asymptomatique, pour trouver les gens qui pourraient être porteurs et introduire le virus. Les gens qui sont à faible risque, les enfants, les écoles, les jeunes travailleurs en bonne santé, on pourrait laisser notre économie fonctionner», exemplifie-t-il.  

«La première vague nous a pris par surprise, la deuxième vague on n’aura pas d’excuse», conclut le Dr Bernier.