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Ouvrez au moins les terrasses, implorent des propriétaires

Taïeb Moalla

Lionel Mauvais roprio des Salons d Edgar, il fait des amenagemen

Photo Pascal Huot

Pendant que le beau temps s’installe tranquillement, des propriétaires et des gestionnaires de resto-bars de Québec ne comprennent pas que le gouvernement Legault n’autorise toujours pas l’ouverture des terrasses.  

« Le plus impératif est de rouvrir les terrasses en respectant la distanciation sociale. Je ne comprends pas que ça n’ait pas déjà été annoncé. On tolère de l’alcool dans les parcs, mais on ne le permet pas dans une terrasse ! C’est des taxes qui se perdent. C’est de l’argent qui ne roule pas », s’est exclamé Bertrand de l’Épinay, directeur général de la brasserie italienne Portofino, située sur la route de l’Église, à Sainte-Foy.  

Selon lui, « il est plus que temps que le gouvernement commence à annoncer des plans d’intervention. On a carrément l’impression qu’on est les grands oubliés de ce processus de déconfinement. On ne sait rien. C’est sûr qu’on n’est pas contents ».  

Évoquant le nombre relativement faible de cas positifs à la COVID-19 dans la région de la Capitale-Nationale, M. de l’Épinay en appelle à l’ensemble des restaurateurs pour « travailler ensemble » et « mettre de la pression pour avoir des indications sur le comment et le quand ». 

Risque de fermeture  

Aux Salons d’Edgar, dans Saint-Roch, le propriétaire Lionel Mauvais s’affairait lundi à réorganiser son bistro gastronomique en vue d’un éventuel déconfinement. 

Ce dernier ne faisait toutefois pas mystère de l’inquiétude qui l’anime. « On est obligés de subir. On n’a pas d’autre alternative. On arrive à bout de souffle, alors que ça fait plus de deux mois que nous sommes fermés. Si on n’ouvre pas d’ici un mois, il y a de grosses chances qu’on mette la clé sous la porte », s’est-il alarmé. 

S’il demeure confiant pour la portion restaurant de son établissement, ce dernier ne se fait pas beaucoup d’illusions pour une éventuelle réouverture rapide du côté bar. 

« Avec des mesures de distanciation, on va pouvoir quand même avoir une petite activité au restaurant, croit-il. Mais pour le bar, c’est quasiment impossible. Au bout d’un moment, les gens se mélangent d’une manière ou d’une autre. » 

Optimiste et philosophe 

Du côté du bar Ninkasi, sur la rue Saint-Jean, le propriétaire Mathieu Cloutier se voulait malgré tout optimiste et philosophe. 

« Le fait qu’on n’ait rien, c’est pas le plus agréable. Mais ça ne change pas grand-chose à la semaine dernière », a-t-il d’abord lâché. 

M. Cloutier prévoit que le gouvernement réduira, dans un premier temps la capacité du bar.  

« On va peut-être passer de 100 % de notre capacité à 50 %. J’imagine qu’on va aussi interdire la vente au comptoir. Depuis le début, mon guess est que ça va rouvrir le 15 juin. J’espère que je ne me trompe pas. »