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Trudeau forcé de défendre l'utilisation de la subvention salariale par le PLC

Émilie Bergeron

Le premier ministre Justin Trudeau a dû défendre, lundi, la décision de son parti de recourir à la subvention salariale d’urgence, mise sur pied pour répondre aux incertitudes économiques causées par le coronavirus. 

Pressé de questions sur le sujet durant son point de presse devant sa résidence de Rideau Cottage, il s'est contenté de faire valoir que ce programme d’aide vise à éviter les licenciements de travailleurs, peu importe pour qui ils travaillent. 

«On a mis en place une subvention salariale qui sera là pour aider les travailleurs de toutes sortes d’organismes différents pour pouvoir avoir une économie qui revient par la suite», a dit le premier ministre et chef du Parti libéral du Canada (PLC). 

Vendredi, on apprenait que le PLC, le Parti conservateur du Canada (PCC), le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert se sont tous tournés vers le programme de subvention salariale pour payer leurs employés. Chaque formation politique a souligné que les dons amassés se tarissent par temps de pandémie, soutenant que cela les force à réclamer une telle aide fédérale. 

«Il y a des entreprises – grandes comme petites –, il y a des organismes sans but lucratif, des œuvres caritatives qui emploient tous des Canadiens qui dépendent de leurs chèques de paie pour appuyer leur famille et [payer] leur épicerie», a ajouté M. Trudeau. 

Le Bloc québécois, seul parti fédéral qui n’a pas l’intention d’avoir recours à la subvention salariale, a exigé lundi que les libéraux renoncent à toucher la subvention salariale. Le chef bloquiste Yves-François Blanchet s’insurge que le PLC et le PCC puisent dans des fonds publics déployés d’urgence, arguant qu'ils n'en ont nul besoin puisque leurs coffres sont amplement garnis. 

«Les centaines de milliers de dollars qui vont être pris par les libéraux ou les conservateurs [...] n’iront pas au soutien de petites entreprises sur le boulevard Périgny, à Chambly, ni sur l’île de Vancouver où le problème est peut-être similaire. C’est incroyable!» a-t-il fulminé. 

Au début de l’année 2020, le PCC avait amassé 3,8 millions $ en contributions politiques et le PLC, 2,9 millions $. 

Aux yeux de M. Blanchet, les deux partis font preuve d’une «horrible malhonnêteté» en soutenant qu’ils devront faire des mises à pied s’ils ne perçoivent pas la subvention salariale. 

Les deux meneurs dans la course au leadership de PCC, Erin O’Toole et Pete Mackay, ont aussi vertement critiqué le fait que leur parti recoure à la subvention salariale. 

Le programme vise à couvrir 75% des salaires d’employés d’entreprises durement touchées par la pandémie, à raison d’un maximum de 847 $ par semaine par travailleur. 

Début des inscriptions pour l’aider aux loyers commerciaux 

Par ailleurs, le premier ministre Trudeau a annoncé l'ouverture, tel que prévu, du portail pour soumettre des demandes d’aide d’urgence pour les loyers commerciaux. 

Ottawa n’était pas en mesure de préciser combien de requêtes avaient été reçues dans les premières heures de ce lancement, survenu à 8h. 

L’aide peut être demandée par les propriétaires d’immeubles qui louent des locaux à des petites entreprises qui ont vu leurs revenus fondre de 70% en raison de la COVID-19. Bien des intervenants du milieu des affaires déplorent que les fonds ne puissent être réclamés directement par les locataires. Le programme prévoit que les gouvernements provinciaux et fédéral couvrent 50% de la facture de loyer et les propriétaires d’immeubles, 25%. 

M. Trudeau a en outre affirmé que son gouvernement négocie avec les provinces pour que les travailleurs aient droit à dix jours de congé de maladie payés par année. Le NPD réclamait un engagement d’Ottawa à ce niveau dans la foulée des discussions sur la marche à suivre pour la poursuite des travaux parlementaires.

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