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Un entrepreneur en égouts pincé pour manœuvres frauduleuses à Montréal

Elsa Iskander et Dominique Cambron-Goulet | Agence QMI

Martin Chevalier / JdeM

Le Bureau de l’inspecteur général (BIG) de la Ville de Montréal vient d’épingler un entrepreneur en nettoyage d’égouts pour pratiques frauduleuses. En plus de déverser illégalement les déchets dans des terres agricoles, l’entreprise Beauregard Environnement Ltée était en fait dirigée par un ancien membre du cartel des égouts.    

Après avoir enquêté sur Michel Chalifoux et l’entreprise Beauregard Environnement Ltée, le BIG demande que les deux ne puissent plus recevoir de contrats de la Ville de Montréal pour cinq ans.    

Selon un rapport publié aujourd'hui par le BIG, l’entreprise a déversé illicitement des boues provenant du nettoyage de puisards et égouts de Montréal sur les terres agricoles de Pascal Pesant. Ce dernier et les Entreprises Pesant devraient être inadmissible à l’obtention de contrats de la Ville pendant trois ans, suggère le Bureau.    

Mais encore, l’entreprise Beauregard est dirigée par un entrepreneur qui a participé à un stratagème de trucage d’appel d’offres en 2008 et 2009.    

Même si la présidente de l’entreprise sur papier est Dany Fréchette, le réel dirigeant est son conjoint, Michel Chalifoux, soutient le BIG.    

L’entreprise de ce dernier, Chalifoux Sani-Laurentides inc., avait été inscrite dans le Registre des entreprises non-admissibles (RENA), soit la «liste noire» du gouvernement, après qu’elle eut plaidé coupable à des accusations criminelles de trucage d’offres.    

En plus de résilier douze contrats accordés à Beauregard par plusieurs arrondissements montréalais, le BIG recommande au Plateau-Mont-Royal d’en résilier un additionnel puisque l’entreprise «a miné irrémédiablement le lien de confiance l’unissant contractuellement à la Ville».    

L’entreprise n’a pas respecté plusieurs engagements contractuels. Par exemple, des puisards non nettoyés ont été facturés à l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro ou encore, la pesée des boues a fait l’objet de surfacturation.    

Quant à la Ville de Montréal, le BIG lui suggère de se doter d’un plan pour la gestion des boues issues de ses puisards et de ses égouts.     

La Ville devrait aussi «étudier la possibilité d’exploiter les sites d’entreposage temporaire dont elle dispose ou d’aménager de nouveaux lieux pour la gestion transitoire des boues générées lors de l’exécution de ses prochains contrats de nettoyage de puisards et d’égouts», indique le rapport.