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«Une vraie prison», selon une volontaire

Antoine Lacroix | Journal de Montréal

Une jeune avocate venue prêter main-forte dans un CHSLD privé de Laval dénonce que l’ensemble des résidents soient confinés dans leur chambre 24 heures sur 24, sans possibilité de se dégourdir les jambes.   

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Dans une lettre adressée au premier ministre François Legault, à la ministre de la Santé, Danielle McCann, et au directeur national de santé publique, Horacio Arruda, Maude Lépine décrit les impacts autant physiques que psychologiques vécus par les aînés.    

« Ce qui leur tenait lieu de chambre est devenu leur cellule, et nous, le personnel soignant, sommes devenus leurs geôliers. Ce sont des conditions de vie ni plus ni moins qu’inhumaines, qui leur causent une souffrance sans nom », écrit l’avocate de 28 ans, chamboulée depuis qu’elle a laissé de côté sa toge pour revêtir l’uniforme de préposée aux bénéficiaires, il y a quatre semaines.    

En entrevue avec Le Journal, elle explique devoir à contrecœur « jouer à la police » pour s’assurer que les patients demeurent dans leur « toute petite chambre », même ceux qui ne sont pas infectés à la COVID-19. Elle n’hésite pas à décrire ces conditions de vie comme « une vraie prison ».     

« Mesures draconiennes »  

« Ils ne peuvent même pas sortir prendre des marches dans le corridor, encore moins dehors. Ça vient vraiment beaucoup les affecter. Ils sont en train de virer fous », laisse tomber la jeune femme, complètement abasourdie.     

Plusieurs CHSLD, dont la Villa Val des Arbres à Laval, où travaille Mme Lépine, et autres résidences pour aînés auraient décidé d’employer de telles « mesures draconiennes », ce que l’avocate déplore.    

« Le personnel soignant assiste ainsi, impuissant, au déclin inexorable de l’autonomie et des facultés cognitives et physiques de leurs résidents », soutient Mme Lépine dans sa lettre.    

Elle implore donc le gouvernement d’instaurer des changements le plus rapidement possible.    

« Il est de votre responsabilité de vous assurer que les mesures qui sont en place présentement dans les CHSLD, qui restreignent de façon importante les droits et libertés fondamentales des aînés, sont proportionnées, justifiées et nécessaires », souligne-t-elle.    

Des sorties encadrées?  

Dans sa missive, elle propose également des pistes de solution, comme permettre des sorties encadrées.     

« [Il faudrait] envoyer en renfort dans les CHSLD des spécialistes en physiothérapie, en ergothérapie, en kinésiologie, en massothérapie et en réadaptation, de même que des psychologues, lesquels auraient comme mission de soigner et de stimuler physiquement les personnes âgées et de leur apporter un soutien psychologique », estime Mme Lépine.