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Des conditions «horribles» dans des CHSLD de l’Ontario

Émilie Bergeron et TVA Nouvelles

Le premier ministre de l'Ontario Doug Ford promet de «remuer ciel et terre» pour éviter que ne se reproduisent les situations «horribles» observées dans des centres des soins de longue durée de la province par des militaires déployés en renfort dans la foulée de la crise de la COVID-19. 

Résidents laissés dans leurs excréments, patients privés de bain pendant des semaines, infestations de coquerelles, personnes âgées qui s'étouffent parce qu’on les nourrit de façon agressive, au point où des militaires ont vu «un incident qui semble avoir contribué au décès du patient»: voilà quelques-uns des constats dévastateurs relevés par des membres des Forces armées canadiennes (FAC) dans un rapport rendu public mardi. 

Certains patients ont été vus en pleurs et laissés à eux-mêmes pendant plus de deux heures alors qu'ils réclamaient de l'aide. D'autres militaires ont été témoins de résidents testés positifs circulant dans les mêmes unités que des patients négatifs.  

«Il est choquant que cela puisse se produire ici, au Canada. C’est déchirant. Et lire ce rapport a été la chose la plus difficile que j’ai faite en tant que premier ministre», a asséné M. Ford en levant le voile sur le sombre examen de la situation fait par les FAC dans les cinq établissements où elles sont présentes. 

Un rapport sur les observations des FAC dans les 25 CHSLD du Québec où elles sont en renfort est par ailleurs en préparation, a indiqué Mary-Liz Power, l’attachée de presse du ministre de la Sécurité publique, Bill Blair. 

 

 

M. Ford a assuré que toute la lumière serait faite sur les allégations concernant des centres ontariens. Une enquête «complète» a été déclenchée et implique notamment une investigation du bureau du coroner en chef de l'Ontario. S’il y a lieu, des accusations criminelles pourraient par la suite être déposées, a précisé M. Ford. 

«C’est maintenant à nous de régler ces problèmes et de faire face aux réalités difficiles qui ont été ignorées pendant des décennies», a martelé le premier ministre ontarien. 

Plus tôt mardi, son homologue fédéral Justin Trudeau avait qualifié les constats des FAC d’«extrêmement dérangeants». 

«J’ai eu de la tristesse, j’ai été choqué, déçu, fâché», a-t-il laissé tomber durant son point de presse devant sa résidence de Rideau Cottage. Il a précisé qu’il avait lu le rapport lundi sur les observations de militaires qui prêtent main-forte à cinq établissements de l’Ontario durement touchés par le coronavirus. 

«Je pense qu’on voit une situation qui est évidemment une réalité liée à la COVID-19, mais qui est là depuis longtemps et que nous devons [nous engager] à améliorer en tant que pays», a ajouté M. Trudeau. 

Les militaires déployés dans 25 CHSLD du Québec préparent d’ailleurs un autre rapport sur leurs observations faites dans ces établissements. C’est ce qu’a indiqué Mary-Liz Power, l’attachée de presse du ministre de la Sécurité publique, Bill Blair. 

Un peu plus tôt mardi, la protectrice du citoyen du Québec, Marie Rinfret, annonçait de son côté qu’elle mènera une enquête sur la propagation meurtrière du virus dans les CHSLD. 

Il a en outre indiqué que la mission des FAC pour appuyer les centres de soins de longue durée en Ontario et au Québec sera prolongée, à la demande des gouvernements provinciaux. La date de fin du déploiement dans 25 CHSLD du Québec devait être le 12 juin, mais la nouvelle échéance doit encore être déterminée. 

Environ 1350 militaires ont été envoyés au Québec et plus de 250 en Ontario.

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