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Travaux plus chers que prévu à Montréal: des élus appellent à la vigilance

Elsa Iskander | Agence QMI

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GUILLAUME CYR/24 HEURES/AGENCE QMI

Des coûts plus élevés qu’anticipés pour plusieurs projets d’infrastructures inquiètent des élus municipaux, qui demandent à l’administration de Valérie Plante de mieux contrôler les coûts, d’autant plus que la pandémie risque de nuire aux finances de la Ville de Montréal.

Richard Deschamps, président de la Commission sur les finances de Montréal et élu depuis une vingtaine d’années, a laissé entendre mardi qu’il avait une impression de déjà-vu.

«Il y a un grand nombre de dossiers dans ce Conseil (municipal) pour lequel les coûts augmentent de façon très importante, de 20, 25, 30 % ; et souvent il n’y a qu’un seul soumissionnaire», a dit l’élu de l’Équipe Barbe.

«On a beau avoir des explications, dire que c’est le marché, mais il me semble qu’il y a là un signal - je ne dirais pas d’alarme - mais un signal important dont l’ensemble des unités de la Ville devraient tenir compte», a poursuivi M. Deschamps.

Pas banal

Karine Boivin Roy, présidente de la Commission sur l’examen des contrats, a également mis en garde contre une «banalisation des écarts par rapport aux estimés de contrôle».

À titre d’exemple, un contrat de 42,6 millions $ a été octroyé pour la réhabilitation et l’agrandissement de la bibliothèque Maisonneuve; une dépense 37 % plus élevée que les estimations initiales.

Cette différence s’explique notamment par la surchauffe du marché, le manque de main-d’œuvre et la nature patrimoniale de l’édifice. Néanmoins, «la justification d’un écart de cette envergure par le phénomène de surchauffe du marché doit faire l’objet d’une attention accrue», estime Mme Boivin Roy.

Mais encore, la commission craint que la pandémie fasse grimper les prix.

Choix difficiles

Selon Sylvain Ouellet, responsable des infrastructures au comité exécutif de la Ville, «les dépassements de coûts par rapport aux estimations sont principalement dans des travaux intégrés, donc très complexes, très longs, souvent au centre-ville, pour des questions de mobilité».

Certains entrepreneurs n’ont pas l’habitude de travailler en milieu urbain, ajoute-t-il.

Aussi, d’importants chantiers, comme celui de l’échangeur Turcot, rendent la main-d’œuvre moins disponible. «Le REM draine énormément de ressources présentement», a mentionné M. Ouellet.

D’après l’élu de Projet Montréal, la désuétude de certaines infrastructures oblige la Ville à faire «des choix de plus en plus difficiles». Des contrats plus chers, mais «dans une fourchette raisonnable», peuvent donc être donnés pour éviter des travaux urgents qui sont beaucoup plus dispendieux.