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90 000 masques se volatilisent à Toronto

Jonathan Tremblay | Journal de Montréal

masques volés

Photo Jonathan Tremblay

Un fabricant de la Rive-Nord de Montréal s’indigne que des malfaiteurs aient récemment pu lui subtiliser 90 000 masques destinés aux Québécois lors d’un transfert à l’aéroport de Toronto.  

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« C’est honteux », laisse tomber Pierre-Jean Messier, président et fondateur de I3 Biomédical, une entreprise qui fabrique des masques autodécontaminants, à Mirabel.  

Vendredi dernier, celui-ci a appris par son transporteur aérien qu’une de ses cargaisons contenant 90 000 masques « manquait » à l’appel depuis le 12 mai, d’après un courriel consulté par Le Journal.  

Ces masques, assemblés au Mexique et devant aboutir à Montréal, se seraient mystérieusement volatilisés lors d’un transfert dans une zone « hautement sécurisée » de l’Aéroport international Lester B. Pearson, à Toronto.  

Denrée rare  

La livraison en question était promise aux travailleurs du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec.   

La compagnie de Mirabel s’est entendue pour lui livrer près de 2,5 millions d’unités, d’ici quelques semaines.  

« À l’heure actuelle, les masques, c’est aussi précieux que des diamants », compare Claude Neunlist, représentant aux ventes chez I3 Biomédical.   

Ce dernier estime que sa compagnie a été victime d’un vol.  

L’entreprise contournait d’ailleurs les États-Unis par les voies aériennes à quelque trois ou quatre fois le prix coûtant du transport par bateau, par mesure de précaution.  

« C’était justement pour ne pas se les faire prendre par Trump », admet sans hésiter M. Neunlist.  

Or, c’est ironiquement au Canada que l’étrange disparition est survenue.  

« On s’attendait à ça partout ailleurs, mais pas ici. Quand tout le monde sait que les travailleurs de la santé en manquent... », se désole Pierre-Jean Messier.  

« On n’est pas au tiers-monde », renchérit son collègue, qui affirme n’avoir jamais vu pareille « aberration » dans sa carrière.  

Québec priorisé  

Désormais, plus question pour eux de transiter par Toronto.  

« On a trouvé des alternatives qu’on ne dévoilera pas, mais ça retarde chaque livraison de deux ou trois jours, calcule M. Messier. Ça complique la logistique, mais ça minimise les risques. »  

Néanmoins, cette fâcheuse situation n’a pas affecté le CHU de Québec, dit-il.  

« Les gens du Japon avec qui nous faisons affaire ont accepté de se prendre un délai supplémentaire afin qu’on puisse servir le Québec en priorité », rassure-t-il.  

Une recherche afin de retrouver leurs biens disparus est en cours, mais les collègues fondent peu d’espoir sur celle-ci.  

« Ils font des démarches, mais on ne va pas se leurrer », conclut Claude Neunlist.

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