/news/coronavirus

CHSLD au Québec | Le rapport des Forces armées dévoilé

Patrick Bellerose | Journal de Québec

Le rapport des Forces armées canadiennes sur les CHSLD du Québec ne dévoile pas d’horreurs comme celles révélées hier en Ontario, mais les soldats ont ciblé trois grands enjeux qui expliquent le funeste bilan de la province.                

Le gouvernement Legault a rendu publique mercredi l’évaluation des CHSLD faite par les soldats canadiens, reçue la veille à Québec.        

Dans le résumé de ses observations, le colonel T. M. Arsenault cible trois grands enjeux qui ont favorisé l’épidémie de la COVID-19 dans ces installations.         

Tout d’abord, les CHSLD étant d’abord des milieux de vie, il y a été plus difficile de créer des zones froides, tièdes et chaudes, comme ce fut le cas dans les hôpitaux.        

  

  

De plus, le port de l’équipement de protection varie beaucoup d’un établissement à l’autre, est-il noté dans le rapport. «Ce problème peut être exacerbé par un roulement élevé du personnel et par une surveillance inadaptée des zones», lit-on.        

Finalement, l’armée canadienne confirme que le manque de personnel est criant dans les CHSLD du Québec. «Plusieurs personnes travaillant en CHSLD ont été touchées par la COVID-19», écrit l’auteur.        

«Notre facteur de planification générale est que nos troupes travailleront dans un CHSLD pour environ 30 jours», poursuit le rapport.        

En effet, les Forces armées estiment que le retour des employés, deux semaines après avoir été infectés, «jumelé avec plusieurs décès et une réduction des cas actifs», permettra une stabilisation de la situation, et que les troupes pourront alors se retirer.        

Mais Québec a déjà demandé au gouvernement fédéral de prolonger la mission des soldats canadiens dans les CHSLD « jusqu'à ce que la situation soit sous contrôle selon des critères établis par le ministère de la Santé et des Services sociaux, lesquels s'inspirent des directives de santé publique ».    

Des établissements problématiques  

Dans plusieurs CHSLD du Québec, les soldats canadiens ont remarqué à leur arrivée un fort taux d’absentéisme du personnel médical et une hygiène déficiente des résidents en raison du manque de préposés aux bénéficiaires.    

Certains établissements se démarquent toutefois du lot. Le CHSLD Vigi Mont-Royal, avec un taux de contamination de près de 100% au moment du rapport, présentait des lacunes particulières.    

Les soldats canadiens ont «remarqué que le système de contrôle des ÉPI n’était pas en place lors de notre arrivée». «Lors de la première semaine de soutien, les réserves d’ÉPI disparaissaient (une commande de 20 boîtes de masques chirurgicaux était introuvable)», écrit l’auteur du rapport.    

«Une livraison de narcotiques semble avoir disparue et l’approvisionnement au sein des unités de soins est difficile, ajoute-t-il. Un manque d’équipement médical est souvent noté lors des changements de quart et les militaires ont dû intervenir à plusieurs reprises pour offrir des solutions afin de permettre au personnel soignant d’effectuer leur travail de manière sécuritaire.»    

 

De plus les consignes n’étaient pas respectées quant à la gestion des zones, «malgré les rappels constants faits par nos militaires».    

L’assiduité du personnel fait aussi défaut, et les incidents sont nombreux. «Il est rare qu’il n’y ait un jour où une situation ne perturbe pas la routine opérationnelle quotidienne de l’établissement», affirme le rapport.    

Le centre Grace Dart, lui, connaît des problèmes de personnel. «Nous avons remarqué que certains employés quittent leur poste durant leur quart de travail en raison de la présence des militaires, principalement durant les quarts de nuit et de soir», peut-on lire.    

De plus, plusieurs employés «arrivaient en retard pour leur quart et s’absentaient pendant de longues périodes (30 min à deux heures)».

Dans la même catégorie