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Détresse plus accrue chez les personnes LGBTQ+

Gabrielle Morin-Lefebvre | Agence QMI

Drapeau LGBT LGBTQ+ Fierté gaie

Photo Adobe Stock

Depuis le début de la pandémie, la ligne téléphonique de l'organisme Interligne – anciennement Gai Écoute – ne dérougit pas. Plus du tiers des appels reçus cette année concernent la COVID-19. 

« On observe une augmentation de 30 à 40 % du volume d’appels par rapport à l’année passée », explique Pascal Vaillancourt, directeur général de l'organisme, qui s'inquiète des effets dévastateurs de l'isolement sur la détresse vécue dans la communauté LGBTQ+ (lesbienne, gaie, bisexuelle, trans, queer, etc.). 

La violence conjugale et familiale a également augmenté. Ces cas représentent près de 18 % des appels reçus cette année chez Interligne. 

« Les appels sont beaucoup plus lourds depuis le début de la crise. On voit une augmentation des idées suicidaires et de l’anxiété », ajoute-t-il. 

L’organisme RÉZO, qui offre de l’aide aux hommes gais, trans et bisexuels près du Village Gai à Montréal, observe également un sentiment dépressif et beaucoup d’isolement. 

« Pour les gars qui habitent seuls et qui utilisaient la sexualité ou les rencontres occasionnelles pour briser l’isolement, ce n’est pas facile », explique Alexandre Dumont Blais, codirecteur général. 

D’après M. Vaillancourt, la fermeture des organismes offrant des services en personne et le manque d’accès aux soins de santé aggravent aussi la précarité des personnes trans ayant besoin d’un suivi médical. 

Un déconfinement inquiétant 

Les deux organismes communautaires se préparent maintenant à affronter les incertitudes du déconfinement. 

« Il y a des choses qu’on ne sait pas en ce moment parce qu’on n’a pas accès comme avant à notre clientèle, avance M. Dumont Blais. Va-t-on avoir plus d’ITSS? Plus d’enjeux de santé mentale ? » 

M. Vaillancourt espère que les subventions de 300 000 $ offertes par le gouvernement, insuffisantes pour offrir le service vingt-quatre heures, seront plus récurrentes. 

« On fait des levées de fonds pour pallier et maintenant elles sont annulées cette année à cause de la COVID. On va avoir besoin d’un grand soutien », conclut-il. 

Aider les travailleurs du sexe 

D’après M. Dumont Blais, les hommes trans, gais et bisexuels sont de plus en plus nombreux à se tourner vers le travail du sexe pour pallier le manque de revenus en pandémie. 

« Une bonne partie des travailleurs du sexe qu’on rejoint vivent beaucoup de précarité, donc on a recommencé notre programme de travail de rue avec un protocole approuvé par la santé publique », explique-t-il. 

Ce programme offre de l’aide aux travailleurs du sexe ainsi que du matériel de prévention et d’information.