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L’ex-maire aurait commis 45 infractions

Jean-Louis Fortin | Bureau d'enquête

L’ex-maire Denis Lavoie a démissionné en avril, invoquant des problèmes de santé.

Photo d'archives, Éric Thibault

L’ex-maire Denis Lavoie a démissionné en avril, invoquant des problèmes de santé.

L’ex-maire de Chambly, Denis Lavoie, est soupçonné par la Commission municipale du Québec d’avoir commis pas moins de 45 manquements aux règles d’éthique et de déontologie.   

Lavoie, déjà visé par une enquête criminelle de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), a reçu lundi une très longue citation à comparaître de la part de la Commission municipale du Québec (CMQ).   

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 L’organisme gouvernemental chargé de faire respecter la déontologie municipale estime que l’ex-maire « a commis plusieurs manquements » au Code d’éthique de la Ville de Chambly.   

« Monsieur Denis Lavoie a, à plusieurs reprises, abusé de ses pouvoirs de maire et s’est prévalu de sa fonction en limitant abusivement les informations transmises aux conseillers municipaux, en intimidant certains d’entre eux », peut-on lire dans la liste des infractions alléguées.   

La CMQ reproche notamment à Denis Lavoie :     

-L’embauche d’un opposant politique dans un comité de circulation, en échange d’une promesse de cesser de le critiquer ;   

-D’avoir laissé sa fille et son fils bénéficier de favoritisme dans le cadre de leur emploi à la Ville de Chambly ;   

-Plusieurs cas d’ingérence dans l’émission de permis, dans des décisions de la greffière ou dans les décisions de comités techniques de la Ville ;   

-Des actes d’intimidation et un congédiement pour des motifs personnels et partisans ;   

-L’utilisation de dizaines de milliers de dollars de fonds publics pour payer des frais juridiques liés à des litiges personnels ;   

-L’utilisation, au fil des années, de véhicules et de milliers de litres d’essence appartenant à la Ville pour les fins personnelles de l’ex-directrice générale adjointe, Annie Nepton, et à ses propres fins personnelles ;   

-Des milliers de dollars de dépenses personnelles, à son bénéfice et celui de Mme Nepton, qui ont été facturées sur la carte de crédit de la Ville de Chambly.     

« Du ragot »  

Joint au téléphone hier, M. Lavoie a balayé du revers de la main les allégations de la CMQ. L’ex-maire, qui a longtemps été policier, a indiqué qu’il compte se défendre.   

« C’est du ragot ramassé à droite et à gauche », a-t-il soutenu, d’une voix assurée.   

La carte de crédit de la Ville a bel et bien été utilisée, dit-il, « mais ce n’était pas pour des dépenses personnelles ».   

L’ex-maire dit aussi avoir remboursé la Ville pour l’utilisation personnelle d’un véhicule municipal, et avoir « deux lettres de deux directeurs généraux » pour prouver ses dires.