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Un coup de pouce pour les caribous de la Gaspésie

Gilles Turmel | TVA Nouvelles

Le ministère des Forêts et de la Faune s’apprête à lancer son programme estival de contrôle des prédateurs du caribou de la Gaspésie. Il s’agit d’une mesure extrême pour protéger le dernier troupeau de caribous au sud du fleuve Saint-Laurent. 

Le caribou de la Gaspésie est considéré comme une espèce en voie de disparition depuis l’an 2000. Ayant déjà compté jusqu’à 1500 individus il y a 70 ans, le troupeau du parc de la Gaspésie est aujourd’hui estimé à une soixantaine de caribous. 

Le programme de contrôle des prédateurs fait partie des stratégies de conservation mises en place par le ministère des Forêts et de la Faune. Il a connu une première vague de 1990 à 1996 puis a été relancé en l’an 2000. 

Les principaux prédateurs du caribou sont le coyote et l’ours noir. En diminuant le nombre de prédateurs, on prend le pari que ça limitera la pression sur le troupeau de caribous, principalement les plus jeunes bêtes. La zone de piégeage inclut le parc de la Gaspésie, les réserves fauniques des Chic-Chocs et de Matane et certains territoires en périphérie. 

Pour Martin-Hughes Saint-Laurent, qui est professeur en écologie animale à l’Université du Québec à Rimouski, ce programme a permis d’assurer la survie pure et simple du troupeau. 

«Ce programme est super important pour maintenir la harde à flot depuis plusieurs années. Ce que ça vise, c’est de faire un vide de prédateurs dans les aires de mise bas pendant les premiers mois de vie des faons. La naissance des faons survient entre la troisième semaine de mai et la mi-juin», a expliqué le professeur, qui a fait du caribou l’un de ses principaux champs de recherche. 

Par ailleurs le spécialiste de l’UQAR est préoccupé par la diminution, cet été, de l’épandage aérien pour lutter contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette, une décision prise en raison de la pandémie. Selon lui, la tordeuse peut rapidement détruire de vieilles forêts, comme celle du parc de la Gaspésie, qui servent de refuge et de site d’alimentation pour le caribou.