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Au moins 30% des étudiants sur le campus: Québec fait fausse route, selon les cégeps

Daphnée Dion-Viens | Le Journal de Montréal

Quebec

Photo d'archives Stevens Leblanc

Québec fait fausse route en décrétant que les cégeps et les universités doivent accueillir au moins 30% des étudiants sur les campus cet automne puisque cet objectif ne permet pas de respecter les règles de distanciation physique établies par la santé publique dans plusieurs collèges. 

C’est du moins ce qu’affirme le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay, qui a été «plus que surpris» par les scénarios présentés par Québec la veille.    

«Tout le monde a été un peu abasourdi, lance-t-il. Je n’ai pas compris encore l’utilité de l’exercice qui a été fait hier.»   

Mardi, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, a présenté aux dirigeants du réseau collégial et universitaire trois scénarios envisagés pour l’automne, alors que plusieurs établissements ont déjà annoncé que les cours se donneront majoritairement en ligne lors de la rentrée.   

Le premier scénario, moins probable, prévoit un retour à la normale avec une présence à 100% de tous les étudiants, alors que les deux autres scénarios prévoient une fréquentation à 30% ou à 50% sur les campus.   

Or, cet objectif n’est tout simplement pas réaliste, selon la Fédération des cégeps. «Ce n’est pas possible avec ces pourcentages-là en toutes circonstances de respecter le deux mètres», affirme M. Tremblay, qui constate une «incohérence» avec les directives de la santé publique.   

Les cégeps «souhaitent tous occuper au maximum les espaces physiques et minimiser la formation à distance», tient-il à préciser. Mais s’il faut toujours respecter la distance de deux mètres cet automne, comme anticipé, ce pourcentage ne pourra que varier selon les cégeps et les programmes, puisque les réalités ne sont pas les mêmes partout.      

«Il me semblait qu’au Québec, comme dans le reste du monde, on travaillait sur la base des exigences de la santé publique. [...] Avec un pourcentage d’occupation, on est dans quelque chose qui nous amène dans d’autres considérations. De vouloir concilier ces deux barèmes, ça peut juste nous mener à des incohérences», ajoute M. Tremblay.   

Le temps presse, ajoute-t-il, puisque les enseignants des cégeps seront en vacances à partir du 15 juin.    

Préoccupés par une éventuelle augmentation du décrochage, les collèges veulent aussi porter une attention particulière lors de la rentrée aux étudiants les plus vulnérables ainsi qu’aux nouveaux cégépiens.   

Au cabinet du ministre de l’Éducation, on assure que les «commentaires et suggestions de modifications» des partenaires seront pris en compte.   

«L’intention est très claire: nous voulons assurer un retour en classe physique minimal pour tous nos étudiantes et étudiants dans nos cégeps et nos universités dès l’automne prochain», indique son attaché de presse, Francis Bouchard.   

«Il est évident que nous laisserons la marge de manœuvre nécessaire aux établissements pour adapter le scénario qui sera avalisé par la santé publique, dans le respect des mesures sanitaires qui seront demandées évidemment, en fonction de leurs réalités propres», a-t-il ajouté.