/news/coronavirus

CHSLD: une photo troublante suscite l'indignation sur les réseaux sociaux

Catherine Bouchard | Journal de Montréal

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBE

Le ministère de la Santé a lancé une enquête après la publication sur les réseaux sociaux d'une photo «troublante» d'une préposée aux bénéficiaires dans un CHSLD en compagnie d'un patient qui serait décédé.

Sur l’image publiée mercredi, on pouvait lire: «Tser kand ton patient est deceder mais faut qu’taatende. #fucklecovid», écrit par l'auteur de la photo dans un mauvais français, pour exprimer son insatisfaction face à la situation.

La photo a suscité l’indignation sur les réseaux sociaux et l'image n’a pas tardé à être rapportée à certains des anciens employeurs de la préposée aux bénéficiaires (PAB), tels que Côté Jardins et le Groupe Vilar. Des internautes, qui dénoncent le manque de respect à la dignité de l'homme, ont rapporté la choquante photo à ces deux employeurs, croyant que la PAB était toujours à leur emploi, selon des informations qui se trouvaient sur le profil LinkedIn de la jeune femme.

Photo Facebook

«Nous avons vu ça, ce matin. Des gens nous ont interpellés. Nous avons fait une intervention auprès du Service de police, mais il n’y a pas de matière à poursuite ou autre. On n’y voit pas le visage de la personne, c’est ce qu’on nous a mentionné», indique Martin Pouliot, actionnaire pour le Groupe Vilar.

Il n’a pas été possible de retracer la résidence où le cliché a été pris. L’auteur de la publication a fermé son compte Facebook après la publication de la photo. 

Le ministère de la Santé (MSSS) a été saisi de l’histoire et a confirmé mener une enquête sur l’origine de la photo. Il n’est pas possible, pour le moment, de confirmer que l’homme sur la photo est réellement décédé et quelle est la cause de son décès, le cas échéant.

«Pour le MSSS, que cette photo soit véridique ou une mauvaise blague, il s’agit d’une situation extrêmement troublante. Sans détour, le MSSS condamne fermement cet acte qui fait preuve d’un grand manque d’empathie et de jugement», indique Robert Maranda, porte-parole.

Des vérifications sont actuellement en cours en collaboration avec le CIUSSS de la Capitale-Nationale et l’installation concernée, poursuit le porte-parole.

«Jusqu’à maintenant, ces vérifications nous permettent d’apprendre que l’employée en question travaillait au CHSLD privé non conventionné Côté Jardins et qu’elle a été congédiée en 2017. La direction du CHSLD nous assure que cette photo n’a pas été prise à l’intérieur de ses installations», précise M. Maranda.

Le MSSS indique que l’auteur de la publication s’expose à des sanctions et accusations potentielles.

De son côté, la Commission d'accès à l'information du Québec, qui veille à la protection de la vie privée, estime que ce geste est «inacceptable».

«Ça n'a pas sa place qu'une travailleuse dans le domaine de la santé se permettent de faire ça», indique la porte-parole, Isabelle Gosselin.

La porte-parole a également ajouté que la Commission fera un suivi sur ce que fera l'employeur de la jeune femme, en lien avec ces événements.