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L’opposition presse Québec de réclamer un remboursement des compagnies aériennes

Martin Jolicoeur | Journal de Québec

Photo Simon Clark

Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale pressent le gouvernement de François Legault d’exiger que les compagnies aériennes, comme Air Canada et Air Transat, respectent la loi et remboursent leurs clients dont les voyages ont été annulés. 

«(Les gens) ont besoin maintenant de l'argent parce qu'on vit une situation difficile au plan économique. Remboursez les consommateurs (...), a demandé jeudi le chef du Parti québécois, Pascal Bérubé. Toutes ces personnes qui n'ont pas l'argent qu'ils avaient durement gagné pour aller en voyage méritent le remboursement. Ça se passe dans plein d'autres secteurs, pourquoi ça ne serait pas le cas dans l'aviation?»

Non aux crédits voyages

En raison de la pandémie de la COVID-19 et des fermetures des frontières de la plupart des pays qui a suivi, des dizaines de milliers de Québécois n’ont pu profiter des voyages par avion qu’ils avaient achetés.

Tandis qu’en Europe notamment les gouvernements forcent les transporteurs à rembourser les voyageurs avant de discuter de toute aide de l’État, les compagnies aériennes d’ici se contentent d’offrir des crédits sur des voyages à utiliser à une date ultérieure.

La députée libérale d’Anjou Louis-Riel, Lise Thériault, a également talonné le gouvernement sur cette question. «Ici, au Québec, les clients qui demandent à être remboursés ne le sont pas. (...) Ça fait plus de deux mois que j'ai alerté le gouvernement concernant les Québécois qui veulent être remboursés (...) Les Québécois ont assez attendu et veulent une réponse. La question est simple : les consommateurs québécois vont-il ravoir leur argent, oui ou non? 

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Lise Thériault à l'émission Là-haut sur la colline sur QUB radio:  

Le leader du gouvernement caquiste, Simon-Jolin Barette, a tenté de se faire rassurant en affirmant travailler à la mise en place d’un «mécanisme» qui pourrait permettre le remboursement souhaités des Québécois.

Les entreprises avant les consommateurs?

En appui à son collègue, le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, a fait valoir que les compagnies aériennes et agences de voyage vivaient aussi des difficultés dont il fallait tenir compte. 

«Il faut trouver un équilibre pour les consommateurs parce que nous sommes pris avec des situations de compagnies qui pourraient faire faillite, a dit le ministre Fitzgibbon. Alors, on est en équilibre (entre) ce qui est bon pour le consommateur et ce qui est bon pour les agents de voyage. (...) On est soucieux des agents de voyage qui risquent de faire faillite, puis, en même temps, les consommateurs ont le droit à avoir un crédit flexible.»

Des milliards accumulés

La députée Thériault a rappelé qu’Air Canada dispose présentement de 2,6 milliards (G) de dollars dans ses coffres. Air Transat, elle, en aurait 809 M$. « Les deux ensembles (ont) 3,4 G$ en argent sonnant qui ne leur appartient pas. L'argent, il est là. Il n'a pas disparu.» 

Pendant ce temps, les consommateurs qui ont utilisé leur carte de crédit «vont devoir payer des intérêts à plus de 20 % pour des voyages qu'ils ne feront jamais. Ce n’est pas normal».

En mêlée de presse, le député Bérubé a admis ne pas avoir beaucoup de sympathie pour Air Canada et nullement s’inquiéter pour leur avenir. «Les gens ont ménagé 3 000 $ pour se payer une petite vacance à laquelle ils ont droit (..) puis il faudrait qu'ils financent l'activité d'Air Canada? Non. Nous, on parle au nom des consommateurs (...) Je veux un front commun de l'Assemblée nationale aujourd'hui avec toutes les formations politiques pour envoyer un message fort à Ottawa.»

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