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Une centenaire traverse la COVID sans un symptôme

Dominique Scali | Le Journal de Montréal

À 101 ans, Cécile Thibault Daoust a attrapé la COVID-19 durant un séjour en CHSLD. Elle a enfin été déclarée guérie le 18 mai, et réintégrait le lendemain avec soulagement sa résidence, où elle a été prise en photo.

Photo Martin Alarie

À 101 ans, Cécile Thibault Daoust a attrapé la COVID-19 durant un séjour en CHSLD. Elle a enfin été déclarée guérie le 18 mai, et réintégrait le lendemain avec soulagement sa résidence, où elle a été prise en photo.

Une dame de 101 ans à la santé de fer a vaincu la COVID-19, après s’être remise d’une mauvaise chute cet hiver et après avoir eu le dessus sur le cancer du sein.

« Après tout ça, je vais être bonne pour longtemps », dit en riant Cécile Thibault Daoust. 

Elle est née en pleine épidémie de grippe espagnole, pendant l’hiver 1919. Un siècle plus tard, elle a passé deux mois dans un des CHSLD les plus durement touchés par l’épidémie de COVID-19.

C’est finalement sans aucun symptôme qu’elle en est sortie, tout en ayant été infectée pendant plus de deux semaines.

« Je n’ai pas eu peur du tout. Je me disais : si ça arrive, ça arrive. À mon âge... »

Il faut dire que Mme Daoust a l’habitude d’avoir le dessus sur la maladie. Il y a près de trois ans, elle a été opérée pour un cancer de sein qui aurait emporté bon nombre de femmes de son âge, estime sa fille Nicole Daoust.  

« Elle a 101 ans, mais elle en paraît 80. Moi j’ai 71 ans et je passe pour son amie », avoue-t-elle.

La centenaire vit depuis 16 ans dans une résidence pour aînés, dans le quartier Ahuntsic, à Montréal. Très sociable, elle avait encore l’habitude de se promener au centre commercial avant la pandémie, sans même l’aide d’une marchette.

« Aberrant »

En raison d’une mauvaise chute, elle a été envoyée au CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci, en février. « Je n’avais rien », assure-t-elle. Pas de fracture de la hanche. « J’ai été chanceuse ».

Le but de son passage en CHSLD était de lui permettre de faire de la physiothérapie, ajoute-t-elle. Elle ne devait y rester que trois ou quatre semaines.

Dès le mois de mars, Mme Daoust a demandé à rentrer chez elle, mais la direction de sa maison de retraite refusait de la laisser revenir de crainte de contaminer les autres résidents. 

Et ce, même après avoir passé des tests de dépistage en mars et en avril qui montraient qu’elle n’était pas atteinte. 

« C’est aberrant, épouvantable », s’indigne sa fille. Elle n’en veut pas au personnel du CHSLD qui n’a ménagé aucun effort pour la soigner et l’épauler, mais à la résidence qui refusait de réintégrer une de ses propres locataires, explique sa fille.

« Ils l’ont laissée au milieu de la contamination jusqu’à ce qu’elle l’attrape [le virus]. »

Ce qui devait arriver arriva : elle a été déclarée positive à la COVID-19 le 30 avril, puis deux autres fois au début mai, énumère Nicole Daoust. Ce n’est que le 18 mai qu’elle a été déclarée officiellement guérie.

Cécile Thibault Daoust aura passé trois mois « à ne rien faire, à regarder les gens passer » en CHSLD. 

Le 19 mai, elle a finalement pu réintégrer sa résidence. « Au moins maintenant, je suis dans mes affaires. »