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Action collective contre un CHSLD privé

Michael Nguyen | Journal de Montréal

CHSLD Vigi Mont-Royal

Photo Pierre-Paul Poulin

La fille d’une résidente du CHSLD privé Vigi Mont-Royal vient d’intenter une action collective de plusieurs dizaines de millions de dollars contre le centre, qu’elle accuse de grave négligence ayant mené à 68 décès.

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Employés mal formés et en nombre insuffisant, manque de soins, d’équipement de protection et de ventilation, mensonges quant à l’état des résidents... La liste des récriminations est longue contre ce CHSLD privé de la métropole, qui figure parmi les pires au Québec.

Depuis le début de la pandémie, aucun résident n’a été épargné par la COVID-19. Les 223 résidents ont été infectés, et 68 en sont décédés, dont Olga Sarlis, la mère de la femme qui a accepté de porter l’action collective déposée jeudi au palais de justice de Montréal.

Dans le document de cour, Evangelina Morfonios explique que sa mère a été admise dans ce CHSLD privé en 2016. Et déjà là, elle dit avoir remarqué de la négligence dans les soins apportés aux résidents. 

Mais la situation a empiré quand la crise sanitaire a éclaté, dit-elle en reprochant aux employés de lui avoir menti quant à l’état de sa mère atteinte de la COVID-19.

Mensonges 

«Un coordonnateur a appelé pour dire que la mère allait bien, indique le document de cour. Le jour même [après que l’aînée a été transférée dans un hôpital], le docteur a dit qu’elle était dans un état très critique, déshydratée, avec des problèmes de respiration et qu’il était trop tard pour l’aider.»

L’arrivée de l’armée pour pallier le manque de personnel n’a pas suffi, déplore-t-elle.

Pour l’avocat Patrick Martin-Ménard, qui pilote le dossier, le manque de mesures sécuritaires prises dans ce centre doit être puni. C’est pourquoi il réclame que chaque résident soit dédommagé, ainsi que leurs proches, pour des montants allant de quelques dizaines à une centaine de milliers de dollars chacun.

À moins d’un règlement à l’amiable, l’action collective sera prochainement présentée à un juge. Vigi-Santé annoncera alors si elle souhaite se défendre de tous les reproches qui lui sont faits.