/finance/homepage

Air Canada, Air Transat, remboursez!

Antoine Robitaille | Agence QMI

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, était plein de sollicitude récemment à l’égard des compagnies aériennes qui vivent des moments «très très difficiles».

• À lire aussi: L’opposition presse Québec de réclamer un remboursement des compagnies aériennes

Ce n’est pas faux: la plupart de leurs avions sont cloués au sol, les frontières sont closes et 95 % des revenus auraient disparu.

Mais ils ne sont pas les seuls à être plongés dans le «très très difficile» ces temps-ci: il y a par exemple les personnes qui avaient acheté des billets d’avion pour des vols qui ont finalement été annulés par ces compagnies!

Des gens qui, souvent, ont eux aussi subi des baisses de revenus, de salaires, voire ont carrément perdu leur emploi. Comme le soulignait Lise Thériault du PLQ jeudi à QUB radio, ils avaient dans bien des cas payés les billets avec des cartes de crédit pour lesquelles les d’intérêts frisent souvent les 20 %.

Motion

Par rapport à l’ancien astronaute à Ottawa, nos élus à Québec ont semblé jeudi avoir plus de sollicitude pour ces citoyens.

Ils ont en effet adopté à l’unanimité une motion proposée par le PQ réclamant que le fédéral ordonne aux compagnies aériennes «de permettre aux clients dont les voyages ont été annulés en raison de la pandémie actuelle d’obtenir un remboursement».

C’est quand même révoltant: on paie pour des assurances, pour des suppléments bagage, on acceptait (jadis) d’être tassés comme des sardines. Et quand arrive une catastrophe, c’est encore nous, consommateurs, qui doivent casquer.

La plupart des pays européens et les États-Unis se sont arrangés pour forcer la main aux compagnies aériennes: l’aide financière publique pour la période covidienne est conditionnelle à la garantie que les voyageurs lésés soient remboursés.

Le gouvernement Trudeau a refusé de les imiter, alors que des partis d’opposition, le Bloc en tête, les y invitaient.

Ainsi les Québécois qui avaient acheté des billets à Air France, American Airlines, etc. ont toutes les chances de revoir leur argent, eux! Mais pas ceux qui ont eu le malheur de faire affaire avec nos entreprises québécoises ou canadiennes.

Tout au plus Air Transat ou Air Canada offrent-elles aux voyageurs lésés des «crédits-voyage valides 24 mois». Même si, pour quelques raisons (état de santé, etc.), la personne ne pourra peut-être pas l’utiliser; ou alors le coût des billets grimpera.

Illégal

Bien sûr, il y a le contexte actuel de la pandémie. Mais une telle option n’est tout simplement pas conforme au Code civil et à nos lois de protection des consommateurs. Nulle surprise qu’une pétition et même qu’une action collective aient été lancées.

On me dira que si elles remboursent, les compagnies aériennes déclareront faillite. Et que dans ce cas, les voyageurs seront certains de ne jamais revoir la couleur de leur argent.

Mais selon les parlementaires, Transat et AC auraient des liquidités importantes: 3,6 milliards $. L’État, puisqu’il les aide déjà, devrait pouvoir examiner ces liquidités afin d’avoir l’heure juste. Et pourrait alors leur donner un coup de pouce spécifique. Mais d’abord, qu’elles remboursent.