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Application mobile de traçage: le commissaire à la protection de la vie privée espère être consulté

Émilie Bergeron | Agence QMI

TVA NOUVELLES/AGENCE QMI

Le commissaire à la protection de la vie privée du Canada soutient ne pas avoir été consulté jusqu’à présent par le fédéral au sujet d’une éventuelle application de traçage qu’il recommanderait et s’en avoue déçu. 

«On a offert nos services. Évidemment, on aurait préféré que le gouvernement nous ait déjà approchés pour ce qui est de la conception d’une application», a dit le commissaire fédéral Daniel Therrien, vendredi, durant sa comparution devant un comité parlementaire.

Le chien de garde de la protection des renseignements personnels a du même souffle ajouté qu’il est possible qu’Ottawa n’ait tout simplement pas encore été «prêt» à le consulter étant donné les multiples acteurs impliqués dans ce dossier, comme les provinces.

M. Therrien a toutefois indiqué que son bureau a été mis en contact avec l’institut québécois MILA à la demande du groupe pour obtenir conseil dans le développement de son application COVI.

La semaine dernière, le premier ministre Justin Trudeau a exprimé son intention de recommander prochainement une des applications mobiles conçues pour faciliter la recherche de personnes pouvant avoir été en contact avec des personnes atteintes du coronavirus.

Les commissaires à la protection de la vie privée du fédéral et des provinces ont mis en garde, au début du mois, contre les risques d’une application où l’utilisation des données ne serait pas bien encadrée.

Ils ont donc établi une liste de principes qu’ils estiment primordial de respecter, notamment que les informations recueillies ne servent que pour la santé publique et non pour des objectifs commerciaux. On insiste aussi sur la nécessité que les renseignements recueillis soient détruits après la fin de la crise.

Or, plusieurs des éléments mis de l’avant vont plus loin que les lois canadiennes en matière de vie privée. Vendredi, M. Therrien a rappelé qu’il demande un renforcement du cadre législatif depuis des années, ajoutant que le contexte actuel rend cette modernisation d’autant plus pressante.

«Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est nécessaire de le faire immédiatement, mais par contre dans un avenir rapproché, et pour les fins des applications de traçage, mais aussi pour d’autres usages de la technologie [...] qui sont très utiles [comme] la télémédecine», a-t-il soutenu.