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Commission Laurent : «La DPJ est aussi surchargée que les hôpitaux»

TVA Nouvelles

Les audiences publiques de Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, présidée par Régine Laurent et créée un mois après la mort de la fillette de Granby en avril 2019, ont pris fin vendredi matin.

En conférence de presse, Régine Laurent a fait un compte-rendu de la tournée du Québec de la dernière année au cours de laquelle douze commissaires sont allés à la rencontre de citoyens et de professionnels du réseau. Le rapport final de la Commission doit être déposé le 30 novembre prochain.

Parmi les principaux constats relevés, le manque cruel de ressources et de reconnaissance envers le personnel, le manque de rémunération et les enjeux liés au développement de l’enfant, entre autres. 

Mme Laurent se questionne sur la priorité accordée aux liens sang ou autrement dit, les familles biologiques. Selon elle, les enfants qui passent des mains de leur famille biologique à une famille d’accueil à plusieurs reprises est un réel problème pour le développement affectif de l’enfant.

«Il n’y a rien qui m’étonne. Ce sont des choses qu’on voit depuis 20 ans», déplore le psychologue Paul Langevin et ex-employé de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

«Je travaillais à la DPJ en 2001 et la majorité des constats se retrouvent dans d’autres rapports antérieurs», se désole M. Langevin.

Une situation similaire aux CHSLD?  

Pénurie de personnel, manque de reconnaissance, salaires peu élevés, surcharge de travail et conditions de travail difficiles... Ces constats révélés par Régine Laurent vendredi matin font écho aux nombreux enjeux qui guettent le personnel hospitalier dans les CHSDL du Québec en temps de pandémie. 

«En 2002, j’étais censé avoir 12 dossiers à traiter. J’en avais plus de 40. Ça nous fait 12 enfants, donc 24 parents et les écoles à gérer et les médecins. Imaginez-vous 40 dossiers», explique Paul Langevin. 

Le psychologue déplore que la porte d'entrée des difficultés familiales soit la DPJ, notant au passage qu'elle soit aussi surchargée que les hôpitaux de la province. 

Rappelons que la Commission Laurent a pour objectif de faire état de l’organisation des services d’accompagnement et de protection des enfants et de faire des recommandations aussi pour améliorer le système.

Visionnez l’entrevue intégrale avec Paul Langevin en haut de page.