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Des câlins gratuits... à deux mètres de distance

Guillaume Cyr | 24 Heures

GEN-CALINS-VIRTUEL

GUILLAUME CYR/24 HEURES/AGENCE QMI

Des personnes continuent à offrir des «câlins gratuits» à des inconnus à la sortie des stations de métro, mais vu la pandémie, ceux-ci se font de façon symbolique, à deux mètres de distance. Ces «câlins virtuels» seraient plus populaires que les habituels câlins distribués par les volontaires.

Une trentaine de câlineurs amateurs de la brigade du bonheur se promènent depuis maintenant cinq ans un peu partout au Québec pour rencontrer les passants, dans le cadre d'un mouvement non organisé présent un peu partout dans le monde. Ils se tiennent dans des lieux achalandés avec une pancarte sur laquelle il est écrit «câlin gratuit», pour offrir du réconfort à des passants.

Il est évidemment plutôt difficile de conjuguer câlins et distanciation sociale, mais les Montréalais Jean-Pierre Moisan et Élizabeth Lecomte ont décidé de trouver des alternatives.

GUILLAUME CYR/24 HEURES/AGENCE QMI

Ceux-ci essaient de mettre un sourire aux lèvres des piétons, cyclistes, automobilistes - et même à quelques animaux - en envoyant la main, un message et parfois un compliment, ce qui représente pour eux une forme de «câlin virtuel».

Le journal «24 heures» s’est posté jeudi après-midi pour observer leurs activités à la sortie de la station de métro Laurier, dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, et constater la réponse des passants.

«On vous envoie de l’amour», répétait et scandait avec sa voix portante M. Moisan, qui pratique l’art du câlin depuis qu’il a pris sa retraite.

Réponse positive

Dans la très grande majorité des cas, les passants répondaient aux messages des deux acolytes.

«Habituellement, seulement 30 % ou 40 % des passants nous font un câlin en retour. Dans ce cas, presque tous les gens vont au moins donner une réaction. On ne rentre pas dans la bulle des gens et ça fait du bien aux gens, lorsqu'ils sont préoccupés avec leurs problèmes», a-t-il mentionné.

Certains passants vont même jusqu’à les inspirer avec de nouvelles techniques en répondant avec des cœurs réalisés avec les mains.

«On a reçu de l’amour envoyé par un [lance-pierres] imaginaire, et un autre avec un vaporisateur», a-t-il dit, heureux de rentrer en contact avec les passants.

Dans des cas plus rares, ce n’est toutefois pas impossible de recevoir une réponse négative.

«Un homme m’a fait un doigt d’honneur très subtil l'autre jour, par en arrière, dans son dos», a-t-il, souligné, visiblement peu affecté par ce geste négatif.

Ça fait du bien

Rui da Cunha, un passant qui s'est arrêté pour discuter avec M. Moisan et Mme Lecomte, était très heureux de les avoir croisés sur son passage. Ils ont discuté une bonne dizaine de minutes.

«C'est un échange avec le coeur. Ça fait du bien, parce que je trouve que le monde a de plus en plus peur des autres, surtout avec ce qui se passe en ce moment avec la pandémie», a-t-il répondu.