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Environ 120 cadres nommés par l’État gagnent plus que le PM

Jean-Michel Genois Gagnon | Journal de Québec

Le salaire de base, sans indemnités et allocations, du directeur national de la santé publique Horacio Arruda est plus élevé de 86 430 $ que celui du premier ministre François Legault.

Photo d'archives, Stevens LeBlanc

Le salaire de base, sans indemnités et allocations, du directeur national de la santé publique Horacio Arruda est plus élevé de 86 430 $ que celui du premier ministre François Legault.

Même s’il est au front depuis le début de la pandémie, François Legault n’est pas le mieux rémunéré dans la machine gouvernementale. Environ 120 cadres nommés par l’État, le tiers provenant du système de santé, ont gagné plus que le patron du Québec, dont Horacio Arruda.

Le 15 mai dernier, le gouvernement a dévoilé la rémunération de ses plus hauts dirigeants en 2019-2020. Dans des documents publics, on retrouve notamment le salaire, l’indemnité et les allocations des ministres, des sous-ministres, des directeurs de cabinet et des présidents de sociétés d’État. 

François Legault a reçu un salaire de 100 489 $ comme premier ministre et 95 704 $ pour son poste de député. Comme les autres ministres, il a également eu droit à des frais de fonction de 800 $ par mois. Sa rémunération globale a été de 205 793 $, comme l’année précédente.

Bras droit du premier ministre durant la crise, Horacio Arruda a touché un salaire avec indemnités et frais de fonction de 299 738 $. Quant à la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, elle a reçu 177 082 $. Il s’agit du même salaire que les autres ministres.

Précisons que pour les députés, il faut aussi ajouter à leur rémunération différentes allocations qui ne sont pas comptabilisées dans les fiches du gouvernement, comme une allocation pour les dépenses d’environ 18 000 $. Certains ont aussi accès à des frais de logement.

Le club des 500 000 $

L’an dernier, ils sont trois dirigeants nommés par l’État à avoir empoché plus de 500 000 $ comme salaire de base. Le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Charles Emond, a reçu 550 000 $. Ce montant ne tient toutefois pas compte des bonis.

Le PDG d’Investissement Québec, Guy LeBlanc, a empoché un salaire de 500 000 $. Avec les bonis, le magot pourrait grimper jusqu’à 950 000 $.

À titre de comparaison, son prédécesseur, Pierre Gabriel Côté, avait reçu pour sa dernière année en poste un chèque de 450 845 $ avec son allocation pour sa voiture. Ce montant ne comprenait pas sa rémunération variable.

Puisqu’il a quitté Hydro-Québec, l’ancien PDG Éric Martel ne figure plus dans les documents. La nouvelle PDG, Sophie Brochu, qui a été nommée le 1er avril, recevra le même salaire que son prédécesseur, soit 580 000 $ plus un boni de rendement qui ne devra pas dépasser 50 % de cette somme.

Au total, sans compter Éric Martel, il y a 16 titulaires d’emplois supérieurs et cadres qui ont reçu plus de 300 000 $ avec indemnités et allocations au 31 mars 2020. À pareille date l’an dernier, il y en avait 15. 

Dans le lot, on retrouve le PDG de l’Autorité des marchés financiers, Louis Morisset (465 905 $), la PDG de la Société des alcools du Québec, Catherine Dagenais (436 492 $), et la PDG de Loto-Québec, Lynne Lazarovitz-Roiter (414 620 $).

L’un des salaires ayant grimpé au cours de la dernière année est celui de Martin Koskinen, directeur de cabinet du premier ministre. De 214 230 $, sa rémunération avec les allocations est passée à 249 321 $. Il s’agit d’une hausse de 16,4 %.

Note : Cette liste ne comprend pas les cadres supérieurs n’ayant pas été nommés par le gouvernement. Certains pourraient gagner plus que le premier ministre.

–Avec Marie Christine Trottier, Le Journal de Québec