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«Je voulais aller ailleurs» - Aliocha

Samuel Pradier | Agence QMI

Dario Ayala / Agence QMI

Près de trois ans après un premier album surprenant, Aliocha était récemment de retour avec de nouvelles chansons. Si l’influence folk se fait toujours plus ou moins sentir, il a choisi d’aller vers un son plus actuel et moderne. Le titre de l’album, «Naked», symbolise d’ailleurs sa volonté d’authenticité et de simplicité.

Aliocha n’a jamais arrêté d’écrire des chansons depuis la sortie de son premier disque, mais il a finalement tout jeté avant d’entrer en studio pour la production d’un nouvel album. «Je n’avais plus envie de chanter ce que j’avais écrit. En urgence, il a donc fallu que je m’y remette. J’avais envie de me détacher du folk et d’ambiances beaucoup trop marquées dans le temps, trop référencées aux années 1960. Je voulais aller ailleurs.»

Le processus créatif s’en est aussi trouvé modifié. «Généralement, les paroles et la musique viennent en même temps. Cette fois-ci, ce sont les textes que j’ai écrits en premier. Comme je n’avais pas le temps de me laisser vivre et d’attendre que ça arrive, j’ai été beaucoup plus pragmatique. Je me suis acheté plein de recueils de poésie. Dès que je trouvais quelque chose d’intéressant, j’essayais de m’en inspirer pour une chanson.»

Le jeune artiste voulait toutefois suivre une ligne directrice très précise. «Ce qui se dessine à travers l’album, c’est une recherche de simplicité et d’intégrité. Dans un monde où il y a une recherche essoufflante de popularité, de succès et de lumière à travers les réseaux sociaux, notamment quand on est un artiste, j’avais besoin de revenir à qui je suis: quelqu’un de simple et d’intègre. Je pense que c’est aussi pour cela que l’album s’appelle “Naked”, c’est exactement de cette façon que je voulais me montrer.»

Un choix éclairé

Aliocha a décidé de faire évoluer son univers musical en découvrant qu’il avait peut-être été un peu excessif par le passé, lorsqu’il qualifiait la musique actuelle d’insipide. «J’avais une fausse image de la musique plus contemporaine. Je pensais que la pop était plutôt nulle, mais je me suis mis à en écouter davantage et à l’apprécier. J’ai aussi participé à une session d’écriture avec des auteurs, à Los Angeles, et ça me fascinait de me rendre compte que ces mecs admiraient les musiciens d’aujourd’hui tout en ayant les mêmes références des années 1960-1970 que moi. Ça m’a fait un effet bizarre. En fait, j’ai réalisé qu’il y a aussi des gens aujourd’hui qui font avancer la musique et, sans avoir la prétention de faire évoluer quelque chose, j’ai au moins envie d’être dans cette mouvance-là.»

À l’écoute de ses nouvelles chansons, on découvre des ambiances différentes pour chacune d’elles, comme des univers cinématographiques qui se côtoient et se répondent. «En écrivant, j’avais envie de trouver un schéma différent chaque fois afin de m’exprimer d’une autre manière. Ensuite, on a essayé beaucoup de choses en studio. Par exemple, la chanson “Moon” était deux fois plus rapide, et on l’a finalement jouée au ralenti. Il y a aussi des ruptures nettes au milieu de certaines pièces. Je trouve qu’il y a quelque chose d’un peu irrévérencieux dans le fait d’installer une vague musicale et de la casser complètement à un moment du morceau. Je voulais enlever le côté lisse.»

De retour à l’écran

Malgré la pause actuelle du milieu culturel, tout le travail d’Aliocha dans la dernière année prend enfin son envol. «C’est un hasard que tout sorte en même temps. Dans les 18 derniers mois, j’ai enregistré un disque, tourné dans une série et joué dans un film.»

La série a été offerte sur Netflix à la même date que son album, le 20 mars. «Ça s’appelle “Vampires”. C’est l’histoire d’une ado dont la mère, jouée par Suzanne Clément, s’est enfuie de la communauté des vampires pour offrir une vie normale à ses enfants. Ils prennent des médicaments pour ne pas devenir vampires. Mais l’ado se rebelle et se rapprochera de la communauté originelle grâce à mon personnage, qui tente de la séduire. Je joue un gars un peu trouble. Les gens ne sauront pas s’il faut l’aimer ou le détester.»

Quant au film «Pompéi», auquel il a également participé, la date de sortie n’a pas encore été arrêtée.