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L’économie canadienne se contracte de 8,2% au premier trimestre

Agence QMI

Le PIB réel annualisé du Canada a fléchi de 8,2 % au premier trimestre, soit le pire résultat depuis la dernière crise financière, selon les données publiées vendredi par Statistique Canada.

Ainsi, le PIB réel a diminué de 2,1 % (ou de 8,2 % à rythme annualisé) entre le quatrième trimestre de 2019 et le premier trimestre de 2020.

Il s’agit de la baisse du PIB la plus prononcée depuis celle enregistrée au premier trimestre de 2009, a noté l’agence fédérale, soutenant qu’elle s’expliquait par les blocus ferroviaires en février, la grève du personnel enseignant en Ontario et, surtout, les mesures instaurées en mars pour contenir la pandémie de COVID-19.

Entre autres, les gouvernements au pays ont annoncé la fermeture des écoles et des entreprises non essentielles, la fermeture de la frontière canado-américaine et des restrictions de voyage.

D’ailleurs, Statistique Canada a soutenu vendredi que le produit intérieur brut (PIB) réel a baissé de 7,2 % en mars par rapport à février alors que l’agence estimait le recul à environ 9 % en avril.

Essentiellement, l’institution fédérale note que les dépenses des ménages ont reculé de 2,3 % au premier trimestre de 2020, soit la plus forte baisse trimestrielle jamais enregistrée.

«Cette réduction des dépenses est en partie attribuable à des pertes d'emplois substantielles, à l'incertitude reliée au revenu ainsi qu'aux occasions limitées de dépenser compte tenu de la fermeture obligatoire des magasins de détail, des restaurants et des services non essentiels, et des restrictions de voyage et d'activités touristiques», a-t-on précisé.

De plus, les dépenses de consommation finale des administrations publiques ont aussi diminué de 1 % en raison de la fermeture des écoles et à la réduction des activités des administrations publiques.

Par ailleurs, les exportations (-3,0 %) et les importations (-2,8 %) ont aussi reculé, en raison notamment des mesures prises par les principaux partenaires commerciaux du Canada, notamment les États-Unis, la Chine et la plupart des pays d'Europe.

Commentant les données, l’économiste Benoit P. Durocher du Mouvement Desjardins a indiqué dans une note que «tout porte cependant à croire que la reprise sera lente et que l’économie canadienne mettra plusieurs trimestres avant de pleinement récupérer le terrain perdu».

«Il est également évident que la reprise sera plus difficile dans certains secteurs, notamment ceux associés au tourisme», a-t-il ajouté.