/news/coronavirus/cavabienaller

Des rencontres virtuelles qui font du bien

TVA Nouvelles

Un organisme qui soutient les enfants vivant en situation de handicaps multiples et sévères et leurs familles lance une campagne de sensibilisation à l’occasion de la Semaine québécoise des personnes handicapées.

En ce temps de pandémie, ce n'est pas évident pour ceux qui viennent en aide à ces familles.

Chez l’organisme Laura Lémerveil, on a constaté que, pendant la pandémie de COVID-19, de nombreux parents étaient inquiets pour leur enfant.

«Des parents nous disent qu'ils sont inquiets pour leur jeune, ils sont inquiets parce que le jeune est en train de régresser, ils sont inquiets pour la santé mentale du jeune qui a déjà une déficience intellectuelle ou physique sévère», a expliqué Sandra Lambert, directrice générale de Laura Lémerveil.

TVA Nouvelles a rencontré une mère de famille qui a vu son quotidien chamboulé au cours des derniers mois. Geneviève nous a parlé de l'importance de sensibiliser la population à la réalité de ces familles.

Dès le début de la pandémie, la fille de Geneviève s’est désorganisée. Pour Rebecca, 25 ans, née avec un syndrome génétique rare qui lui amène plusieurs limitations sévères, les routines sont importantes. 

«D’emblée, c’est difficile avec une personne polyhandicapée de créer des liens. Rebecca, grâce à Laura Lémerveil, a pu créer plusieurs liens avec d’autres personnes polyhandicapées, des intervenants et des bénévoles», a expliqué Geneviève, sa mère, à TVA Nouvelles.

Pour la mère de famille, la pandémie est un bon contexte pour comprendre ce que c'est que d'être privé d'une certaine normalité, d'être mis à l'écart, d'être parfois même jugé.

«Un matin du mois de mars, ma fille était en pyjama, j’étais dans la cuisine et j’ai senti l’air frais [...] Rebecca avait ouvert la porte d’en avant, elle était nu-pieds et elle voulait sortir de la maison. Pour elle, c’était l’heure de son transport. C’est là que j’ai compris qu’il y avait vraiment quelque chose qui l’attristait», a soutenu la maman de Rebecca.

Alors que Laura Lémerveil offre en temps normal des ateliers, du support, de l'écoute, du répit, l’organisme a dû s’adapter avec la crise. Une ligne d’écoute a été mise en place. «Les parents ont besoin de parler, de rester en contact avec nous. Et rapidement, ce sont des services de répit, mais en ligne, qu’on a développés avec l’équipe», a précisé la directrice générale de Laura Lémerveil.

«On a fait une communication virtuelle avec une intervenante [...] de lui voir le sourire et d’entendre les cris de joie», a raconté Geneviève, la mère de Rebecca, visiblement émue.

L’organisme Laura Lémerveil a décidé de dédier le mois de juin à la sensibilisation au polyhandicap et à la solidarité.