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Des garderies qui sont prêtes à rouvrir

Dominique Scali | Journal de Montréal

Équipée de masques, visières et même de lampes à rayons UV, une garderie privée n’a ménagé aucun effort pour être prête à recevoir les tout-petits en ce jour de réouverture dans le Grand Montréal.

«Je ne veux pas donner le virus à la porte», lance timidement Lara Chrétien, 5 ans.

Des habits de neige rappellent que la fermeture a été drastique en mars dernier.

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Des habits de neige rappellent que la fermeture a été drastique en mars dernier.

Elle tortille le bas de son chandail en regardant les casiers réaménagés pour que chaque enfant ait son stock de crayons et de Legos. Mais elle ne touche à aucun des jouets avec lesquels elle avait pourtant l’habitude de jouer avant, visiblement entraînée aux nouvelles règles sanitaires par ses parents.

Lara fait partie des centaines d’enfants de la région métropolitaine qui passeront aujourd’hui une première journée à la garderie depuis le confinement.

La garderie Orchard House dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce a accepté d’ouvrir ses portes hier pour montrer toutes les mesures mises en place afin de limiter les risques de contamination.

Sur les crochets, des salopettes de neige étaient encore suspendues, rappelant à quel point tout s’est arrêté de façon drastique en mars dernier.

Quasi désert 

Aujourd’hui, seulement 16 enfants seront présents sur les quelque 140 que l’établissement accueille habituellement, estime la fondatrice Yasmine Ghandour.

La cour extérieure a été divisée de façon à ce que plusieurs groupes puissent y jouer en même temps sans contacts.

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

La cour extérieure a été divisée de façon à ce que plusieurs groupes puissent y jouer en même temps sans contacts.

La cour extérieure a été divisée de façon à ce que plusieurs groupes puissent y jouer en même temps sans contacts et sans passer par la même porte.

Cette garderie privée non subventionnée a même la chance d’avoir un système de ventilation par déplacement, le genre d’aménagement qu’on retrouve dans les hôpitaux, explique Imad Khalil, directeur des opérations.

Dans le bureau, des couvre-visages, visières et lunettes sont empilés sur la table, de l’équipement obtenu grâce à ses propres commandes et aux connexions de certains parents, explique M. Khalil.   

Les propriétaires se sont même munis de lampes à rayons ultraviolets et d’un pulvérisateur pour les moments où il faudra pousser la désinfection plus loin que le nettoyage à la mitaine.

De façon générale, la plupart des garderies et CPE ont tous reçu les équipements de protection fournis par le ministère de la Famille.

«On est prêts et on a hâte», résume Mona Borrega, vice-présidente de l’Association des garderies privées du Québec.

Reste qu'il y a bien quelques établissements qui ne pourront pas rouvrir aujourd’hui car leur bureau coordonnateur n’a pas livré l’équipement à temps, précise Marie-France Collin, présidente de la Coalition des garderies privées non subventionnées.

Parents hésitants 

«Les parents ont très peur. La réponse est très timide à date», observe Mme Collin.

Dans sa propre garderie située à Blanville, elle n’atteint même pas le nombre d’enfants maximum permis par le gouvernement, qui est de 30% à 50% du taux d’occupation habituel.

GEN-Préparation et mise en place de mesures de distanciation sociale dans une garderie

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Cette timidité n’est certainement pas partagée par Sophie Thiffault, la mère de Lara. «Je n’ai aucune inquiétude. Déjà avant, on pouvait manger sur le plancher tellement c’était propre.» 

Quant à côtoyer des éducatrices masquées, voilà maintenant plus d’un mois que Lara est habituée de voir des gens avec le visage couvert, ajoute-t-elle.

La petite a vraiment besoin d’interaction avec des amis de son âge, insiste Mme Thiffault. «Elle a 5 ans et elle commençait à parler comme ses frères et sœurs adolescents.»

«Les petits sont formidables, ils se sont adaptés. Et les éducatrices aussi», affirme Geneviève Bélisle, directrice générale de l'Association québécoise des CPE. Elle donne comme exemple celles qui ont eu l'idée d'apporter une photo d'elles sans masque ou encore de se procurer un couvre-visage transparent pour ne pas nuire au développement du langage de leurs jeunes.