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Des mesures dignes d’un jeu d’évasion

Michael Nguyen

Des bandes et des flèches au sol indiquent dans quel sens marcher.

Photo Martin Alarie

Des bandes et des flèches au sol indiquent dans quel sens marcher.

Le palais de justice de Montréal a pris des airs de jeu d’évasion pour le déconfinement, avec des files d’attente, des sens uniques, des culs-de-sac et une panoplie d’autres mesures pour faire respecter la distanciation physique.

«De nouvelles mesures ont été mises en place afin de se conformer aux exigences de la santé publique», indique une voix par haut-parleur à l’entrée de l’édifice de la rue Notre-Dame.

Depuis 11 semaines, les activités judiciaires de la province ont été mises sur pause en raison de la COVID-19. Depuis, seules les causes urgentes ont pu être entendues et le palais de justice de Montréal était pratiquement désert.

Or, avec le déconfinement, le bâtiment a commencé à reprendre vie, lundi. Les procès sans témoins ont repris, d’autres pourront avoir lieu selon la gravité de l’accusation, et des juges pourront entériner certains plaidoyers de culpabilité, entre autres.

Sauf que la reprise des activités judiciaires a posé un défi au palais de justice de Montréal, étant donné qu’il est le deuxième le plus achalandé en Amérique du Nord avec des milliers de visiteurs chaque jour.

Chaque personne qui attend pour entrer dans une salle d’audience doit se placer à un des endroits identifiés par des pastilles.

Photo Martin Alarie

Chaque personne qui attend pour entrer dans une salle d’audience doit se placer à un des endroits identifiés par des pastilles.

«Avez-vous voyagé dans les 14 derniers jours? Ressentez-vous des symptômes [associés à la COVID-19]? Avez-vous reçu un diagnostic ou avez-vous été en contact de façon rapprochée avec une personne atteinte?» sont des questions qui sont posées à l’entrée depuis lundi.

Consignes strictes 

De nombreuses lignes ont également été tracées dans les corridors afin de montrer où marcher et dans quelle direction. Une fille d’attente a été mise en place devant les ascenseurs, puisqu’ils ne pourront être utilisés que par une personne à la fois.

Pour respecter la distanciation physique, les ascenseurs ne pourront être utilisés que par une personne à la fois.

Photo Martin Alarie

Pour respecter la distanciation physique, les ascenseurs ne pourront être utilisés que par une personne à la fois.

Des pastilles ont été posées au sol à deux mètres de distance pour ceux qui attendent de rentrer dans les salles de cour, et de grands panneaux de plexiglas ont été installés à l’intérieur de celles-ci pour séparer les parties impliquées. Même les toilettes ont été réaménagées. On y a condamné des éviers trop rapprochés les uns des autres. Dans l’ensemble, les consignes étaient respectées lundi, bien que l’achalandage ait été moindre que celui avant la crise sanitaire. Seules quelques personnes ont maugréé.

«C’est du niaisage», a ainsi marmonné un accusé, tandis que quelques employés trouvaient les mesures compliquées et exagérées.