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Interdit de bénévolat en CHSLD

Patrick Bellerose | Journal de Québec

Patrick Duchesneau a essuyé un refus quand il a offert ses services bénévolement pour aider dans un CHSLD. Le consultant en informatique qui a perdu ses contrats dès les débuts de la pandémie aimerait travailler plus que cinq jours auprès des résidents, mais il ne peut pas sinon il n’aura plus accès à la Prestation canadienne d’urgence.

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Patrick Duchesneau a essuyé un refus quand il a offert ses services bénévolement pour aider dans un CHSLD. Le consultant en informatique qui a perdu ses contrats dès les débuts de la pandémie aimerait travailler plus que cinq jours auprès des résidents, mais il ne peut pas sinon il n’aura plus accès à la Prestation canadienne d’urgence.

Un consultant en informatique venu prêter main-forte en CHSLD s’est fait refuser de travailler bénévolement et il devra se limiter à cinq journées par mois afin de ne pas perdre sa Prestation canadienne d’urgence (PCU).

À l’origine, Patrick Duchesneau croyait donner un coup de main gracieusement, après avoir entendu l’appel du premier ministre François Legault pour s’inscrire à la plateforme « Je contribue ». Avec la pandémie, son important contrat dans le domaine de l’aviation avait été annulé dès les premiers jours du confinement. « Je suis tombé sur la PCU », explique le consultant en informatique.

« Mais quand les gens de “Je contribue” m’ont appelé un mois plus tard, ils m’ont dit que je serais payé », explique-t-il. Souhaitant se garder du temps pour chercher des contrats dans son domaine, il accepte alors de travailler comme aide de service une dizaine de journées par mois au CHSLD Georges-Phaneuf, à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Travailler plus, gagner moins

Mais les règles de la PCU et l’intransigeance de la bureaucratie québécoise l’obligeront finalement à se limiter à cinq journées. 

« À partir du moment où je gagne 1000 $, je ne peux plus travailler. Parce que si je dépasse, même de 10 $, je perds 2000 $ de PCU », déplore Patrick Duchesneau. 

Autrement dit, travailler cinq jours de plus lui rapporterait environ 300 $ de moins que de rester à la maison. Pire, 10 jours de travail lui permettraient de gagner 1728 $, contre 2864 $ s’il cumule la PCU et seulement cinq journées en CHSLD.

Pourtant, l’assurance-emploi permet de déduire le montant gagné de la prestation, sans que le montant complet soit perdu, souligne-t-il.

Pas de bénévolat

Patrick Duchesneau a donc proposé de venir aider bénévolement pour les journées supplémentaires. « Ils ne veulent pas ! », s’étonne-t-il.

En effet, le CISSS de la Montérégie-Centre confirme que le bénévolat est interdit dans ses installations en raison de la pandémie.

D’une part, « les gens qui nous viennent en aide par “Je contribue” occupent des titres d’emplois prévus à la nomenclature du réseau de la santé et des services sociaux » et sont donc rémunérés, expliquait une porte-parole du CISSS, Martine Lesage, la semaine dernière.

Éviter une grande circulation

D’autre part, « dans le contexte de la pandémie, nos activités de bénévolat ont cessé temporairement afin d’éviter une trop grande circulation dans nos installations », ajoutait-elle.

« Alors, je vais travailler cinq jours par mois, conclut Patrick Duchesneau. C’est le maximum que je peux faire, sinon je paie pour aller aider. »

Dommage, dit le spécialiste en informatique qui apprécie son expérience en CHSLD. 

Une fois à la retraite, il envisage même de continuer à venir donner un coup de main. « Ça me fait un énorme bien mental », confie-t-il.