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«Quand je traverse la douane, j’ai peur», dit le député Christopher Skeete

TVA Nouvelles

Il est député à l’Assemblée nationale et a occupé un poste de douanier. Pourtant, Christopher Skeete admet encore éprouver de la peur lorsqu’il franchit la douane en raison de la couleur de sa peau.

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Le député de Ste-Rose, dont le père est originaire de l’île de Trinidad, est né et a grandi à Laval à une époque où l’immigration n’était pas encore ce qu’elle est aujourd’hui dans la région. Et même s’il reconnaît que la situation est loin de ressembler à celle qui prévaut aux États-Unis, M. Skeete a été confronté dès son jeune âge au racisme.

«J’ai vécu du racisme au Québec. Ça va beaucoup mieux que ça allait avant, mais c’est un phénomène que j’ai malheureusement déjà vécu», a-t-il expliqué en entrevue à LCN, lundi.

«On n’est pas à l’abri, mais il faut se dire les vraies choses, c’est beaucoup mieux au Québec. [...] Ma vie aurait été très différente si j’étais né aux États-Unis, ajoute-t-il. Je dois énormément à la société québécoise qui a accueilli ma famille, mon père en particulier, et qui m’a permis de devenir qui je suis.»

Les conséquences du racisme se font encore ressentir aujourd’hui, car la peur l’envahit toujours lorsqu’il fait face à des personnes en autorité, même lorsqu’il croise ses ex-collègues douaniers.

«Ce n’est pas normal que même moi, quand je traverse la douane, j’aie peur. Pas de mes collègues, mais j’ai un sentiment de peur auprès de l’autorité qui vient avec. Ce n’est pas normal de se sentir comme ça vis-à-vis des gens qui sont supposés nous protéger», regrette-t-il.

Les manifestations des derniers jours sont cependant porteuses d’espoir aux yeux du député caquiste.

«Ça augure beaucoup d’espoir parce que de plus en plus, les gens s’élèvent pour dire c’est assez. C’est assez ces actes-là et c’est assez l’impunité qui vient avec. C’est assez de vivre dans la peur.»

Et pour ce qui est des casseurs qui tentent de faire dérailler les manifestations, M. Skeete ne veut pas leur donner la moindre importance. «Je veux parler de George Floyd et de sa vie qui a été enlevée de manière prématurée. Mettons l’emphase sur sa vie, sur la suite, sur comment on peut améliorer les choses. [...] Les casseurs, je n’ai pas beaucoup de patience pour ça.»

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