/regional/montreal/montreal

Trois arrondissements réclament le port de caméras pour les policiers

Agence QMI et 24 Heures

PHOTO FOURNIE PAR LE SERVICE DE POLICE DE TORONTO

Trois arrondissements de Montréal ont réclamé, lundi soir, que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) équipe ses agents de caméras portatives, dans la foulée de l'intervention qui a coûté la vie à George Floyd à Minneapolis.

Les arrondissements de Montréal-Nord, Pierrefonds-Roxboro et de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG) ont tous trois adoptés des motions visant à mettre de la pression sur la mairesse de Montréal, Valérie Plante, afin que son parti aille de l'avant avec l'imposition des caméras pour les policiers.

Les deux premiers arrondissements sont contrôlés par des membres de l’opposition officielle, Ensemble Montréal, tandis que le troisième est dirigé par la mairesse indépendante Sue Montgomery, anciennement de Projet Montréal..

Le même sujet devait être débattu mardi soir au conseil municipal dans Saint-Laurent et le mois prochain dans l’arrondissement de Saint-Léonard, a affirmé le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez.

Projet Montréal «favorable»

La responsable de la sécurité publique au conseil exécutif, Rosannie Filato, s'est dite «favorable» aux caméras corporelles afin de «renforcer la confiance des citoyennes et citoyens envers leur corps policier, augmenter la transparence des opérations et augmenter le sentiment de sécurité de toutes et de tous».

Le déploiement des caméras devra cependant faire l'objet d'un second projet pilote, en partenariat avec Québec.

Le SPVM avait déjà tenté une expérience en équipant 78 patrouilleurs de caméra pendant un an, entre 2016 et 2017. Le projet-pilote avait été abandonné par la suite, la plupart des policiers affirmant avoir le sentiment d'être surveillés et que leur employeur n'avait pas confiance en eux.

Mme Filato a aussi rappelé que son parti présentera d'ici l'automne une «politique d'interpellation policière» visant à lutter contre le profilage racial.

De son côté, la Fraternité des policiers et policières de Montréal a indiqué qu'elle ne s'est jamais opposée au port de la caméra corporelle.

Opposition

Le chef de l’opposition Lionel Perez se questionne sur la volonté de Projet Montréal d’équiper rapidement les agents de la SPVM de caméras portatives pour leurs interventions. «Lorsque j’entends Mme Filato essayer de se distancer et d’acheter du temps, je me demande s’il y a une véritable volonté politique. Je l’espère», a-t-il dit.

Le chef d'Ensemble Montréal a avancé que Projet Montréal tente de faire de la «récupération politique» en permettant à ses élus de voter en faveur de la motion comme exercice de relations publiques, mais sans poser des gestes pour aller de l’avant. «C’est inacceptable», a-t-il dénoncé.

M. Perez se réjouissait tout de même du fait que trois conseillers de Projet Montréal ont voté lundi en faveur des caméras portatives dans l’arrondissement de CDN-NDG.

«Il est fini le temps des études, des analyses et des projets-pilotes. C'est le temps d’aller de l’avant et d’implanter ça au niveau du SPVM», croit-il.

- Avec la collaboration d'Alex Proteau, 24 Heures

Dans la même catégorie