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Pointer une arme aurait pu virer au drame

Frédérique Giguère

Manifestattion George Floyd

Capture d'écran, TVA Nouvelles

L’individu qui a exhibé ce qui pourrait être un pistolet à air comprimé lors de la manifestation contre le racisme et la brutalité policière dimanche soir au centre-ville de Montréal a posé un geste qui aurait pu avoir de lourdes conséquences. 

«La pratique policière est claire, lance le policier retraité de la Sûreté du Québec, François Doré. Si un agent voit une personne avec une arme à feu dans les mains, que ce soit une vraie ou une fausse, dans un contexte comme celui d’une manifestation, il n’aura pas le temps de se poser trop de questions et va devoir neutraliser le danger et tous les outils de son coffre peuvent y passer, surtout le gun

Sur cette image, un individu vêtu de noir a exhibé une arme et appuyé sur la gâchette à quelques reprises vers une voiture blanche dimanche à Montréal.

Capture d'écran, TVA Nouvelles

Sur cette image, un individu vêtu de noir a exhibé une arme et appuyé sur la gâchette à quelques reprises vers une voiture blanche dimanche à Montréal.

Dans une vidéo captée par un caméraman de TVA Nouvelles, un manifestant entièrement vêtu de noir et portant un masque déploie un pistolet et tire la culasse vers l’arrière afin de charger l’arme. Il pointe ensuite le pistolet vers un véhicule blanc qui circule sur le boulevard Saint-Laurent, à l’angle de la rue Sainte-Catherine, en ayant l’air d’appuyer quelques fois sur la gâchette. 

«C’est vraiment le pire cauchemar d’un policier, lance un agent spécialisé dans ce genre d’événement. Il y a plusieurs personnes autour de cet individu et c’est agité autour, si tu dois tirer, c’est extrêmement dangereux de rater ta cible et de blesser une personne innocente. En même temps, l’individu pourrait lui aussi tirer sur des innocents. Les armes à air comprimé aujourd’hui sont tellement bien faites que c’est vraiment difficile de dire si c’est une vraie ou un jouet.»

Le pire cauchemar

Chose certaine, la police de Montréal enquête sur cet événement et en fait une priorité. Les lieux ont été vérifiés et aucune douille d’arme à feu n’a été trouvée au sol. Personne n’a d’ailleurs été blessé par arme à feu lors de la manifestation. 

«On ne peut pas en être certain parce que l’arme n’a pas été récupérée, mais quand je regarde les images, j’ai l’impression que c’est un pistolet à air comprimé, explique Francis Langlois, professeur d’histoire spécialisé dans les armes à feu au Cégep de Trois-Rivières. On entend un bruit aussi, et c’est plus fort que si quelqu’un appuie sur la gâchette d’une arme vide.»

«Ce n’est pas une vraie arme, d’après moi, parce qu’il n’y a aucune flamme ni étincelle, ajoute l’armurier Pierre Turcotte. C’est clairement une imitation et une personne qui semble jouer au cowboy. Sauf que le policier qui est en face ne peut pas le savoir sur le coup.»

Situation similaire

Les policiers de Lac-Brome ont d’ailleurs été aux prises avec une situation similaire à l’été 2018, quand un adolescent de 17 ans a été abattu par des agents alors qu’il circulait en pleine rue avec une arme à air comprimé. 

Après qu’on lui eut demandé de laisser tomber son pistolet, le jeune homme aurait refusé et aurait gesticulé en brandissant son arme. Les autorités avaient d’ailleurs jugé que la policière qui avait ouvert le feu avait effectué son travail convenablement dans les circonstances. 

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