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Ugo Fredette risque 50 ans de prison

Claudia Berthiaume | Journal de Montréal

Un homme qui a tué sa conjointe et un aîné dont il a volé la voiture pour fuir avec un enfant de 6 ans, entraînant la plus longue alerte Amber du Québec, devrait-il écoper de la plus lourde peine minimale jamais imposée dans la province ? C’est l’une des questions qui seront abordées ce matin, au retour en cour d’Ugo Fredette.

Les palais de justice retrouvent leur rythme de croisière dès lundi, comme l’a annoncé la ministre Sonia Lebel la semaine dernière. 

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Dans le district de Terrebonne, les activités reprendront avec les représentations sur sentence dans un dossier qui avait grandement retenu l’attention l’automne dernier, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Une semaine d’audience est prévue devant la juge de la Cour supérieure Myriam Lachance, qui devra déterminer combien de temps le tueur Ugo Fredette devra passer derrière les barreaux avant d’être admissible à une libération conditionnelle. 

Procès  

L’homme de 44 ans a été déclaré coupable de deux meurtres prémédités en octobre dernier, au terme d’un procès devant jury.

Les homicides ont été perpétrés le même jour, soit le 14 septembre 2017, respectivement dans un domicile de Saint-Eustache et à une halte routière de Lachute, dans les Laurentides. 

Fredette a d’abord assassiné sa conjointe, Véronique Barbe, avant de prendre la fuite avec un garçon de 6 ans qui se trouvait sur les lieux.

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Photo courtoisie

Dans sa cavale, il a enlevé la vie d’Yvon Lacasse, un aîné de 71 ans croisé par hasard, pour lui voler son véhicule et poursuivre sa route incognito.

La femme de 41 ans a été poignardée à 17 reprises, tandis que le septuagénaire a été battu à mort.

Prison à vie  

Coupable du crime le plus grave du Code criminel, le tueur a automatiquement écopé de la prison à vie, sans possibilité de libération avant 25 ans.

Me Steve Baribeau, de la Couronne, a toutefois demandé à la magistrate de doubler la période minimale de détention puisque Fredette a fait deux victimes sans lien entre elles. 

Si la juge Lachance lui donne raison, au terme des témoignages et arguments qui seront entendus cette semaine, elle imposera ainsi la plus lourde sentence jamais rendue au Québec. 

Le quadragénaire ne pourrait donc pas quitter le pénitencier avant l’âge de 91 ans.

La défense, représentée par Me Louis-Alexandre Martin, tentera quant à elle de convaincre la magistrate que le cumul des peines minimales, possible au Canada depuis 2011, est inconstitutionnel.

À ce jour, c’est le tueur de la mosquée de Québec, Alexandre Bissonnette, qui purge la plus longue peine minimale imposée à un meurtrier, soit 40 ans.