/news/coronavirus

Un restaurateur défie les règles de la Santé publique et ouvre une terrasse

Le restaurateur drummondvillois Laurent Proulx défiera les règles de la Santé publique en ouvrant une terrasse dans le stationnement de son restaurant le Vieux Saint-Charles dès ce jeudi. «Assez, c’est assez» clame l’entrepreneur qui a pris la décision après la manifestation de dimanche soir à Montréal.

«C’est la goutte qui a fait déborder le vase, affirme sans détour Laurent Proulx. S’ils peuvent se réunir à 10 000 dans les rues de Montréal, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas mettre 12 tables dans mon stationnement.»

Le restaurateur cite aussi la décision de la ville de Drummondville d’installer une terrasse temporaire dans un parc du centre-ville pour expliquer sa décision.

«Les gens peuvent aller chercher du take-out dans les restaurants du centre-ville et manger là. C’est une bonne idée et c’est pourquoi je vais faire la même chose dans mon stationnement. Si c’est bon pour le centre-ville, ça va être bon pour le Vieux Saint-Charles», insiste celui qui a été conseiller municipal à Québec entre 2013 et 2017.

Pas de permission 

M. Proulx précise ne pas avoir eu l’aval de la Santé publique avant d’annoncer cette ouverture. Il indique ne pas avoir reçu non plus de coup de fil après coup. Pour l’instant du moins.

«En bon citoyen corporatif, on a essayé de les appeler. J’ai passé 1h30 au téléphone avec l’INSPQ (Institut national de la Santé Publique du Québec) à me faire transférer à gauche et à droite pour finalement tomber dans une boite vocale. Rendu là, je n’attendrai pas leur permission», explique le restaurateur, qui en est venu à cette conclusion lors des manifestations qui ont dérapé à Montréal dimanche.

«En voyant ça aller à Montréal, j’ai compris qu’au Québec, tu es mieux de t’excuser après plutôt que de demander la permission si tu veux que les choses bougent», ajoute M. Proulx, précisant que sa terrasse allait être «apportez votre vin».

Ce dernier croit d’ailleurs que sa proposition n’a rien de plus dangereux que les autres réouvertures annoncées dernièrement par Québec.

«Je me demande vraiment ce qui est le pire. Manger sur une table à pique-nique à deux mètres de distance et qui est désinfectée par un bossboy entre chaque client ou suivre les 200 autres qui se lancent dans une quincaillerie le samedi après-midi?».

Appuis 

Laurent Proulx estime que même s’il est le premier à défier de cette façon les règles de la Santé publique, il risque fort bien de ne pas être le seul.

«Je ne suis pas le seul à être tanné. On dit aux restaurateurs d’attendre et de continuer à étouffer, mais moi je dis aux gens de se tenir debout», suggère l’entrepreneur qui explique avoir reçu quelques coups de fil de restaurateurs qui appuyaient sa démarche, tout comme de clients qui ont hâte de retrouver les restos. «C’est sold-out pour jeudi, c’est réservé mur à mur».