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Dans l’objectif de la photographe du premier ministre Legault

Jean Balthazard | Agence QMI

Suivre les faits et gestes de la cellule de crise du gouvernement, capter l’ensemble des conférences de presse, saisir quotidiennement les images qui vont marquer l’histoire du Québec: être photographe officielle du premier ministre François Legault en temps de crise est une fonction dans l’ombre qui marquera à tout jamais la carrière d’Émilie Nadeau.

Comment s’est déroulée la première conférence de presse liée à la COVID-19?

«C’était la première fois que j’entrais dans la salle du point de presse.

Photo Simon Clark

Je me souviens que la salle était bondée. Sans dire qu’il y a eu de la bousculade, il y avait assurément une certaine fébrilité puisque tous les photographes et les vidéastes voulaient avoir la meilleure image. Maintenant, je peux dire que j’ai exploité tous les angles possibles.»

Le 12 mai, M. Legault, la ministre de la Santé, Danielle McCann, et le directeur de la Santé publique, le Dr Horacio Arruda, ont choisi de porter un masque lors du point de presse pour la première fois. Pourquoi cette journée était-elle particulière pour vous?

«Ils ont décidé le matin même de porter un masque, donc on l’a su pas tellement en avance. Avant la conférence, j’attendais le premier ministre à la sortie de son bureau pour avoir une bonne image. Et c’est particulier quand même puisque c’est moi qui ai donné le masque à M. Legault. Une de mes amies l’a confectionné pour lui. Elle fabrique de façon bénévole des masques qu’elle remet à des organismes.»

Quelle a été votre journée la plus marquante depuis le début de la crise?

«Une journée, M. Legault a parlé d'une possible réouverture des écoles. Je crois que ça a un peu insécurisé la population. Le lendemain, il est revenu sur ses propos très humblement pour dire aux gens qu’il allait être à l’écoute de la santé publique. C’était une journée tellement émotive que certains de mes collègues versaient des larmes durant le point de presse.»

Quelle est l’ambiance cinq minutes avant un point de presse?

«Quelques minutes avant le point de presse, les gens sont déjà dans l’espace commun, derrière la passerelle qu’on voit à la télévision. C’est l’occasion pour les attachés de presse de faire un récapitulatif de l’information. Il y a des journées où j’ai senti plus de stress, mais normalement, tout le monde est souriant. On en profite pour discuter de choses simples.»

À quoi ressemble votre charge de travail en temps de crise?

«Les gens s’inquiètent un peu de me voir travailler chaque jour, mais en même temps, je suis habituée de devoir me déplacer constamment. Avant la pandémie, mon agenda était très complexe. Mais depuis le début de la crise, je suis chaque jour au même endroit. Il y a moins de déplacements. Donc, pour moi, étonnamment, c’est devenu moins stressant professionnellement.»