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Des coûts additionnels pour les consommateurs

Kate Tremblay | TVA Nouvelles

Les mesures sanitaires exigées par le gouvernement pour permettre la reprise des activités ont un coût pour les entrepreneurs et les commerçants, notamment du Saguenay. Et comme ils ne bénéficient d'aucune aide financière, le client doit s'attendre à payer la note.

Parmi les produits de consommation les plus affectés par la hausse des prix, notons la viande. Le coût du boeuf a explosé dans les dernières semaines.

«Ç’a commencé quand les abattoirs ont eu des cas de COVID parmi les employés, a expliqué le propriétaire de la Boucherie Raymond et André de Saguenay, Sylvain Gauthier. Ils ont fermé l'usine et après ils ont eu un ajustement dans leur façon de procéder dans les abattoirs. Comme il y a moins d'employés, il y a moins d'abattage.»

M. Gauthier évalue que le prix du boeuf a augmenté, à lui seul, de 40 % depuis le début de la crise. «Même pendant la crise de la vache folle, ça n'a jamais augmenté aussi haut que ça, a-t-il précisé, confiant de voir les prix redescendre très bientôt. Je ne peux pas dire que ça va baisser demain matin, mais ça ne peut pas aller plus haut que ça. Il y'a une limite.»

Sa clientèle était au rendez-vous malgré la hausse des prix. La boucherie a d'ailleurs vu son chiffre d'affaires augmenter même si elle opère six jours sur sept, au lieu de sept jours sur sept.

Les coiffeuses et les dentistes aussi augmentent leur prix

Le téléphone ne dérougit pas dans les salons de coiffure, mais le nombre de clients autorisés à l'intérieur est tellement restreint que la situation engendre d'importantes pertes financières.

«Moi, c'est quatre colorations de moins que je ne peux pas prendre dans mon mercredi, donc c'est beaucoup», a fait savoir la propriétaire du salon Petit Paris Coiffure, Catherine Morissette.

Elle a choisi d'augmenter ses prix de 5 à 10 pour cent pour combler le manque à gagner. «Et ma visière ne durera pas 150 ans», a précisé la coiffeuse qui est aussi la mairesse de Saint-David-de-Falardeau.

«Il va falloir que je la change et c'est sans compter tous les produits désinfectants dont on a besoin, a-t-elle ajouté. C'est tellement irréel ce qui se passe dans nos salons. C'est une adaptation extraordinaire.»

Chez le dentiste aussi, on vous chargera des frais supplémentaires, notamment parce que les équipements de protection que doivent porter ces spécialistes et leurs employés ne sont pas donnés et doivent être entretenus.

La hausse du coût de la facture varie entre 25 et 30 $ à la Clinique dentaire Lajoie de Saguenay. Son propriétaire, le Dr François Lajoie, doit aussi acquérir au moins sept appareils de filtration d'air, en plus d'avoir embauché une assistante supplémentaire.

«Lorsqu'on est en intervention, on ne peut pas sortir, donc c'est elle qui va nous aider à aller chercher le matériel et aussi à faire le surplus de nettoyage, a indiqué Dr Lajoie. Malheureusement, quelqu'un doit payer pour tout ça et c'est le patient. L'Association des chirurgiens dentistes du Québec aurait préféré que le gouvernement nous donne un coup de main, mais le gouvernement nous donne zéro et nos coûts d'opération sont déjà très élevés.»

Son volume de patients quotidiens a aussi diminué. Il prévoit examiner entre 10 et 12 personnes par jour, au lieu d'une vingtaine avant la pandémie pour respecter la distanciation sociale.